La maternité de substitution
1.La maternité de substitution à moindre coût pour Kaduna, Nigeria dans Mumbai Delhi Inde.

Maternité de substitution consiste à louer son ventre pendant neuf mois alors qu'un couple sans enfant peuvent obtenir un bébé. La maternité a été décrite dans de nombreuses autres façons, qui l'attribuent à porter un enfant et de l'aimer dans la mesure de renoncer à ses propres désirs. Certains disent aussi que la maternité est comme laisser votre cœur à pied pour le reste de votre vie. Donc, si ce n'est la maternité puis comment ne maternité de substitution et quelles sont les raisons que les femmes portent un enfant pour près d'un an dans leurs ventres, puis le donner à un autre couple. Dans cet article je vais essayer d'analyser ces aspects de la maternité de substitution. Partons de la définition de la maternité de substitution. Qu'est-ce que la maternité de substitution? Maternité de substitution est de porter un enfant pour toute la durée de la grossesse et de donner ensuite à un autre couple. Cet enfant et la mère porteuse peut ou peut ne pas partager un lien génétique, puisque l'embryon indépendants peuvent également b implantés dans son utérus. Maintenant la question est sont toutes les femmes qui sont capables de se reproduire devenir mères porteuses.Alors laissez-nous jeter un oeil à la qualification que la mère porteuse doit avoir. Quelles sont les conditions pour devenir une mère porteuse? Pour devenir une mère porteuse les qualités qu'une femme doit avoir sont les suivants:
* La substitution doit être en bonne condition physique.
* Elle doit être supérieure à dix-huit ans.
* Certains organismes exigent que la mère porteuse doit être une mère, mais il y en ad'autres qui n'ont pas de telles exigences.
* Substitution ne doit pas être un patient d'une maladie sexuellement transmissible.
* Elle devrait également être un non-fumeur et devrait également vivre dans un environnement sans fumée.
* L'individu doit être préparé psychologiquement et devrait être prêt à passer un test physique et psychologique.
* Il est préférable que la mère porteuse comme un partenaire qui peut agir comme un point d'ancrage émotionnel et dans le cas où la mère porteuse a un partenaire, il doit également passer par des tests physiques et psychologiques.
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2.FRANCE - En marche vers une légalisation des mères porteuses?
Fin juin, sera présenté un rapport d'un groupe de travail sénatorial proposant des pistes pour autoriser un statut de mère porteuse, ce que sa présidente considère comme un progrès dans une interview au journal La Croix. Ce travail se fait dans un contexte juridique particulier : celui d'une ambiance jurisprudentielle selon laquelle la naissance d'enfants nés de mères porteuses devrait être légalisée sous certaines conditions (cour d'appel, Paris, 25 octobre 2007). Un couple qui ne pouvait avoir d'enfant, car la femme n'avait pas d'utérus, avait eu recours aux services d'une mère porteuse en Californie. Cette dernière avait fourni un ovocyte fécondé par un spermatozoïde de l'homme du couple demandeur ; des jumelles étaient nées de cette insémination. Cette jurisprudence et le travail sénatorial qui prétendent défendre l'intérêt de l'enfant, ne sont pas sans soulever de sérieuses questions éthiques : quid de la construction de l'enfant ? La femme n'est-elle pas instrumentalisée et la maternité dévalorisée ? Ne touche-t-on pas à la cellule de base de l'édifice social? Avant la naissance des enfants, conformément au jugement de la Cour suprême de Californie, l'hôpital où devait accoucher la mère porteuse avait préparé l'acte de naissance établissant la filiation entre les enfants à naître et le couple stérile : le père génétique était reconnu comme père légal et sa compagne comme mère légale. Ensuite, des complications ont surgi au niveau français : L'article 47 du Code civil français dispose que les actes de l'état civil faits à l'étranger ont une force probante du moment qu'ils ont été régulièrement rédigés et ne sont pas frauduleux. Sur ce principe, dans un premier temps, le ministère public demande la transcription, sur les registres de l'état civil de Nantes, des actes de naissance des enfants, avant de contester leur validité. Le TGI rejetant sa demande, le Ministère public interjette appel : s'il ne conteste ni l'opposabilité en France du jugement californien, ni la foi à accorder, au sens de l'article 47 du Code civil, aux actes dressés en Californie dans les formes usitées dans cet Etat, il développe l'argumentation selon laquelle cette transcription est une atteinte à l'ordre public. La Cour d'appel de Paris rejette l'appel pour des motifs purement logiques et de droit international privé. Mais, aussi, elle complète son avant-dernier « Considérant » par la prise en compte des intérêts des enfants qui seraient « privés d'actes d'état civil indiquant leur lien de filiation, y compris à l'égard de leur père biologique. » Cet ajout est problématique et orienté, car le juge force la main du législateur. Ce n'est pas la première fois qu'une telle jurisprudence est dégagée, contrairement à ce qu'ont affirmé les médias : en 1990, la Cour d'appel de Paris avait prononcé une adoption plénière en arguant de l'évolution morale de la société et les progrès scientifiques. Là déjà, l'intérêt de l'enfant avait été avancé comme argument. En cassation, les juges avaient annulé et cassé cet arrêt au nom de l'indisponibilité du corps humain, comme de l'indisponibilité de l'état des personnes. Autrement dit, le juge suprême refusait le commerce du corps humain et des personnes. Par ailleurs, la Cour de cassation critiquait le contrat de gestation pour autrui qui se concrétisait par l'abandon d'un enfant. Elle retenait que cela est constitutif d'un «détournement de l'institution de l'adoption ».
La solution que donnera la Cour de cassation suite au pourvoi formé contre l'arrêt de la Cour de Paris sera donc importante. Néanmoins, le sort semble jeté, car quelque soit la décision de la Cour de cassation, l'évolution législative devrait être proposée par le groupe de travail du Sénat. Les juges seront alors tenus d'appliquer le droit. Revenons brièvement sur la solution dégagée par la Cour d'appel : si elle s'était contentée de reconnaître les effets du droit californien, l'affaire aurait été close, malgré son caractère choquant. Au lieu de cela, la Cour de Paris argue de l'intérêt des enfants. Par là, il faut comprendre que même pour des enfants nés en France de mères porteuses, donc nés dans le cadre d'une transaction illégale et sans état civil, la Cour estime qu'il faudrait une inscription juridique. L'intention est peut-être noble : comment ne pas s'inquiéter que des enfants n'aient pas de liens de filiation légaux et ne peuvent donc voyager partout avec leurs parents (plus ou moins adoptifs), car sans passeports, ou encore ne peuvent hériter d'eux ? Au nom de quoi l'enfant devrait-il être la victime de l'erreur de ses « parents » ? La théologie judéo-chrétienne affirme elle-même le principe de la responsabilité de chacun pour ses actes, responsabilité qui ne s'étend pas à sa descendance biologique ou légale. Et les défenseurs de l'évolution législative (probablement souvent de l'évolution morale) savent sur quel terrain se placer : celui de la compassion. Et c'est sur celui-ci qu'il importe, donc, de leur répondre. La loi - l'ordre public en général (abusivement amalgamé à l'ordre moral) - a pour finalité de protéger la société d'un maximum de troubles. Certains objecteront que la famille est une affaire privée et que l'ordre public ne doit pas la concerner. Les mêmes exigent souvent de l'Etat qu'il réponde à leurs demandes en matière d'institutions et dispositions publiques telles le mariage et ses avantages fiscaux (on se demande d'ailleurs, si le mariage et la famille ne devraient être considérés que comme des institutions privés, pourquoi ils exigent que l'Etat les subventionne directement ou indirectement). Puisque chacun reconnaît, donc, un rôle providentiel à l'Etat face au couple et à la famille, il est normal qu'il y ait des contreparties. Notamment, pour le sujet qui nous occupe, le droit de l'autorité à préserver l'ordre public (qui est plus qu'une contrepartie: c'est la raison de son existence). Or qui peut sérieusement affirmer que la maternité de substitution ne créé pas de risques de destruction des familles ? Ne s'agit-il pas de fragmenter la famille en dissociant la filiation légale de la filiation biologique ou de la gestation ? Dans cette dislocation, la personne qui devrait s'en sortir le moins indemne est la plus faible, c'est-à-dire l'enfant. Le rôle de l'Etat est de protéger correctement l'enfance. C'est une mission d'ordre public. Peu doit lui importer que des parents désirent avoir des enfants issus de leur chair et portés dans les entrailles d'une autre personne. Il a mis en place une institution pour pallier le défaut de fécondité : l'adoption. Il ne peut se plier aux desideratas de chacun et démultiplier, selon les envies, les possibilités d'avoir des enfants. Entre la protection publique (de l'enfance) et l'émotion, l'Etat doit choisir ce qui est permanent : les émotions passent et la protection publique reste, elle, un impératif pérenne pour que la société subsiste. (Force est de constater que sur bien des plans, l'Etat (a) failli(t) à sa mission, les gouvernants se pliant souvent au diktat de l'émotion.) Puisque l'ordre public doit être préservé, l'Etat ne peut donc reconnaître la gestation pour autrui. S'il le fait, il ouvre la boite de Pandore et la pratique californienne du womb for rent (ventre à louer) apparaîtra tôt ou tard dans les débats politiques et de confection de la loi. En refusant la maternité de substitution, l'Etat ne se montre pas injuste envers les enfants, il assure une politique qui empêche de telles pratiques qui, elles, sont injustes envers l'enfant, devenu simple marchandise. Mais, quand au lieu de manifester du courage et de faire preuve de lucidité et de discernement des enjeux et conséquences se cachant derrière ces demandes, les gouvernants se montrent démagogues, ils ouvrent la route aux dérives éthiques.
3.Des problèmes éthiques et la maternité de substitution .
Pour le psychiatre Serge Hefez, « il n'y a aucune raison [que l'enfant] se sente comme une marchandise mais au contraire comme quelqu'un qui a été désiré, conçu, porté, nourri, aimé. » Pourtant l'enfant risque de décevoir ce pronostic et, surtout, d'être lui-même déçu, pour ne pas dire blessé voire perturbé: Même si la mère porteuse, selon ces propositions sénatoriales en cours d'élaboration, ne sera pas la mère génétique, il est indéniable qu'un lien biologique (et aussi psychologique) sera établi entre elle et l'enfant qu'elle portera durant neuf mois. La mère porteuse aura un souvenir de cet enfant tandis que ce dernier, même sans souvenir de sa gestation, se posera des questions sur la personne qui l'aura porté. Pareillement, dans un moment où l'enfant sera triste, penser à cet échange pourra augmenter sa souffrance: par exemple, injustement puni par ses parents, il pourra regretter de ne pas être protégé par sa mère porteuse. Cette pensée pourra sérieusement le troubler dans son identité. Lui dire trop tôt cette vérité sera contre-productif, car il ne saura l'intégrer et pourra penser à son autre mère comme recours défaillant ; la lui dire plus tard pourra être néfaste, car il acceptera mal le fait d'être l'objet d'un marché, un objet acheté et pour lequel ses parents génétiques n'auront eu aucun scrupule à demander à une femme de l'abandonner. Même en comprenant scientifiquement cette possibilité, l'enfant - même adulte - pourrait réagir émotionnellement, car il est plus qu'un objet: il est un sujet. Le sénateur Michèle André, à l'antépénultième question de l'interview *, compare la gestation pour autrui avec l'éventuelle adoption d'un petit chinois devenu orphelin suite au récent séisme. Elle affirme que « c'est l'éducation, la transmission et l'amour qui font la force du lien entre l'enfant et sa mère. » ; pour conclure qu'elle ne s'inquiète pas pour les enfants qui seraient issus de la gestation pour autrui. Le vœux est pieux et surtout naïf, comme est léger le propos : comment comparer sérieusement l'adoption d'orphelins avec le marché de la maternité par substitution ? L'enfant adopté selon les règles actuelles du droit français est orphelin ou né sous X et abandonné. Un couple a choisi de le recueillir et de l'aimer. Et préalablement, il n'y a pas eu de transaction entre ses parents génétiques ou une mère porteuse et ses parents adoptifs. L'enfant orphelin est heureux de se sentir recueilli et choyé - même s'il se questionne sur ses origines - alors qu'il vit un drame : la disparition des siens. L'enfant confié au ventre d'une mère porteuse qui doit l'abandonner à la naissance, s'il sait qu'il a été attendu par ses parents génétiques et légaux, risque néanmoins de ne pouvoir faire abstraction du fait que ses parents ont provoqué la disparition légale (au niveau de la filiation) d'une femme qui l'a porté. Deux disparitions, deux contextes différents : l'un peut conduire à l'espoir, l'autre au drame. Comparer la gestation pour autrui à l'adoption d'enfants éprouvés par le malheur, comme le fait le sénateur, est une confusion des états. Quant à la mère porteuse, ne se réduirait-elle pas à un simple « matériau » ? De là, ne réduirait-elle pas la féminité à la matière, au corps, c'est-à-dire non seulement sa féminité mais celle de la moitié de l'humanité ? Cette possibilité rappelle celle de ce transsexuel homme redevenu femme afin de pouvoir porter son enfant et les questions que soulèvent son choix. Deux conceptions éthiques peuvent être avancées. A la première question, la conception aristotélicienne du respect apporte une réponse: l'homme, être rationnel, vise des fins dont certaines sont en lien avec son corps. Or par son corps, l'homme peut se reproduire, donc engendrer un être qui mérite le respect. Dès lors, la reproduction doit respecter et l'enfant à naître et le corps qui donne la vie. Même si la mère porteuse, dans le schéma pour l'instant proposé par le groupe de travail du Sénat ne serait pas la mère génétique, elle serait participante du processus reproductif. Ainsi le corps qui donne la vie serait bafoué. A la seconde question, l'exigence kantienne répond que ne se respectant pas, une personne ne respecte pas l'humanité ou le groupe auquel elle appartient, comme par exemple son sexe. C'est par exemple la conception qu'avait retenue le Conseil d'Etat, en 1995, pour interdire le lancer de nain. Même si le nain acceptait d'être considéré comme un projectile, pour le juge ce comportement ridiculisait l'ensemble des nains. Ces problèmes éthiques pourraient encore être accrus, par un recul toujours plus au loin des limites. Une éventuelle proposition de loi risque de n'être qu'une étape:
- Des femmes pourraient choisir de faire porter leur enfant par une autre femme pour de pures questions de confort, comme on confiait autrefois sa progéniture aux nourrices. Le pendant serait que leurs cocontractantes passeraient ce marché dans un but lucratif.
- Alors que la gestation pour autrui regroupe trois situations différentes et que la loi ne retiendrait que celle où les parents génétiques seraient les parents légaux, le risque n'est pas exclu qu'une femme soit amenée à porter un enfant conçu à partir de son propre ovocyte avant de le remettre à la mère par destination. En effet, si l'on autorise la gestation pour autrui par compassion pour les femmes sans utérus, au nom de quoi ne l'autoriserait-on pas pour les femmes totalement stériles ? A chaque fois, l'argument de la charité serait avancé. Dans la même veine, la mère porteuse pourrait louer son ventre à un couple dont l'enfant aurait été conçu avec l'ovocyte d'une femme extérieure au schéma triangulaire. On arriverait ainsi à légaliser une situation où un enfant aurait une mère génétique, une mère porteuse et une mère par destination, la seule légale. Et pourquoi pas, en cas de couple totalement stérile, deux pères, l'un génétique et l'autre légal. Ne compliquons pas ce schéma théorique avec la délégation de l'autorité parentale ou encore l'adoption simple de l'enfant par des proches.
Nous le voyons : l'argument de la compassion, autrement dit l'appel à l'émotion, est toujours mis en avant, car c'est le seul capable de séduire les foules. On préfèrera raisonner par images, schémas et émotions plutôt que de confronter les idées dans un dialogue non tronqué. Et pourtant, à seulement se pencher avec un minimum de recul sur la question, il serait difficile de ne pas s'apercevoir que du ventre fécond de Pandore sortiraient des plaies psychologiques frappant et les enfants et la société.
4.Les mères porteuses en Ukraine.
Libération vient de consacrer un grand article sur la pratique des mères porteuses en Ukraine, un des pays européens où la gestation pour autrui est légale. De nombreuses femmes y proposent leur service en échange d'une rétribution. (près de 11 000 euros par enfant et 400 euros par mois de grossesse). Des agences peuvent aussi s'occuper de tout. Les formules tout compris tournent autour de 50 000 euros ! En Ukraine tout est presque permis et tout se vend : ovules, sperme, ventre ! Un vrai petit commerce très très rentable. Et les mères porteuses dans tout ça? Beaucoup de femmes craquent en Ukraine et ne veulent pas donner l'enfant qu'elles ont porté. Une réaction très humaine. Et le plus dur c'est que généralement les mères porteuses accouchent sous anesthésie et par césarienne, et ne verront jamais l'enfant qu'elles ont porté pendant 9 mois!
5.Des progrès dans la procréation médicalement assistée 2008.
Il semblerait qu'une petite révolution s'amorce dans les techniques de procréation médicalement assistée. En effet, le Parisien d'aujourd'hui révèle qu'un bébé conçu à l'aide du procédé de maturation ovocytaire in vitro (MIV), est né il y a une semaine à l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart. Depuis, le bébé dénommé Iris, se porte très bien et a pu rentrer au domicile de ses parents. Cette naissance a été rendu possible grâce, une nouvelle fois, au Professeur René Frydman, chef du service de gynécologie-obstétrique de cet établissement. C'est lui aussi qui avait assisté en 1982 à la naissance du premier bébé-éprouvette français. La MIV présenterait des avantages par rapport à la FIV, en évitant le recours à un traitement lourd, aux injections d'hormones, aux prises de sang répétées... Selon les explications du Parisien, dans le cadre d'une MIV, on prélève un ovocyte chez une femme au début de son cycle puis il est placé "en milieu de culture, qui permet leur maturation en ovule". Dans le cas d'une FIV, elle est directement implantée dans l'utérus, suite à de nombreuses piqûres pour stimuler l'ovulation. Ensuite, la fécondation se fait en éprouvette dans les deux cas avant d'être réimplantée dans l'utérus. Aisni la MIV assouplirait la procédure, la rendant bien moins contraignante pour la femme. La MIV n'est pas nouvelle puisque la première avait été réalisée, hélas sans succès, en 1965. Elle commenca à donner des résultats en 1991 mais son taux d'échec restant très élevé, beaucoup lui préférait la Fécondation In Vitro (FIV). Le professeur aurait-il fini par trouver la solution attendue. A suivre...
6.Gestation pour autrui ? Mère porteuse?
Parfois, malgré toute la volonté de ceux qui les appellent, les cigognes ne viennent pas. Je vous parlais hier d'adoption, aujourd'hui, je voudrais aborder une pratique qui est interdite en France, mais l'harmonisation de la législation européenne pourrait remettre cela en cause.La technique que l'on appelle d'une façon hâtive les "mères porteuses" regroupe deux méthodes différentes : la mère porteuse proprement dite et la gestation pour autrui (ou GPA).
La gestion pour autrui (GPA)
Dans la GPA, une fécondation in vitro à partir des gamètes des parents est réalisée, mais le fœtus obtenu n'est pas implanté dans l'utérus de la mère mais dans celui d'une femme qui assure la gestation à sa place.
La mère porteuse
On part toujours d'une fécondation in vitro mais là, seul le père donne ses gamètes, la mère porteuse étant aussi la mère biologique du bébé. La situation est plus complexe pour tout le monde, le lien biologique compliquant souvent la séparation.
Pour tout savoir sur ces techniques, je vous recommande le site de l'Association Maia et en particulier, le dossier Mères porteuses ou GPA?
7.Première en Europe : le tri d'embryons afin d'éviter la transmission de la maladie d'Alzheimer.
Pour la première fois en Europe, le tri d'embryons pour éviter la transmission d'une prédisposition à la maladie d'Alzheimer vient d'être autorisé par l'agence britannique de la bioéthique, la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA). Cela veut dire qu'une fécondation in vitro sera réalisée, suivie par un diagnostic préimplantoire (DPI) qui permettra de sélectionner l'embryon qui n'est pas porteur de la mutation responsable de la maladie. Cette décision a été motivée par la demande du futur papa, dont la mère, la grand-mère et deux oncles sont décédés prématurément à cause d'une forme rare et précoce de la maladie d'Alzheimer. La clinique où ce tri d'embryons sera réalisé bénéficie d'une expérience dans le domaine : elle a déjà effectués de tels tris ont déjà pour empêcher la transmission d'un gène de prédisposition familiale au cancer du sein ou d'une mutation pouvant provoquer un strabisme sévère. En France, le DPI est limité à des maladies graves et incurables, dont la maladie de Huntington, la mucoviscidose et, depuis peu de temps, une mutation génétique pouvant provoquer le cancer de côlon. Evidemment, si on comprend les raisons qui poussent des couples à demander un DPI, on peut se demander jusqu'où aller dans la sélection génétique. D'autant plus que la transmission de certaines maladies n'est pas certaines, mais liée à un risque plus ou moins fort (comme cela semble être le cas pour la maladie d'Alzheimer). Et que la fécondation in vitro coûte cher (21 600 euros) et exige une hyper-stimulation ovarienne lourde pour la femme. Et, à force de trop vouloir maîtriser les gènes, ne risque-t-on pas de déclencher d'autres maux, qu'on découvrira après coup?
8.Don de sperme, don de soi.
L'Agence Française de Biomédecine lance aujourd'hui une grande campagne visant à sensibiliser sur le don de sperme. En 2006, "seulement" 350 dons de sperme ont eu lieu en France, pour 2500 couples en attente. Si le don d'ovocyte demande un traitement hormonal et un suivi médical de la donneuse (un grand coup de chapeau à ces dames en passant), le don de sperme ne nécessite que...hum comment dire ca ? un bon coup de main ? Je vous parle souvent de mes enfants mais aussi de monmèrirené (oui y'a pas que Céline qui a un mèrirené), et encore aujourd'hui, je veux dire à quel point je suis fière que mon homme est fait ce don, l'année de la naissance de notre premier enfant. Comme beaucoup de parents, il ne s'est senti concerné par le problème de la stérilité que quand il est devenu lui-même papa.
La question l'a travaillé pendant quelques temps, et puis s'il y avait si peu de dons, c'est que ce devait être un peu compliqué non ? Et bien non, après renseignements, le don de sperme est d'une incroyable simplicité. Il vous suffit de prendre rendez-vous dans un centre de procréation. Au premier rendez-vous, on vous explique la démarche, on prend les autorisations (la femme ou compagne doit donner son accord), on vérifie que vous êtes déjà papa, et on vous fait faire le tour du propriétaire.Puis vous avez encore quelques temps pour réfléchir et vous rétracter si vous le désirez.Passé le délai de réflexion, il vous sera donné 3 rendez-vous au cours desquels vous aurez l'occasion de faire votre petit travail manuel (dans l'intimité d'une salle, en solitaire, pas la peine de compter sur une jolie infirmière nue sous sa blouse non mais !). N'ayez crainte, il est quand même prévu quelques aides extérieures comme des revues ou des vidéos....Une fois votre petite affaire faite, vous n'avez plus qu'à retourner au travail (en vous lavant les mains avant, merci). Je me souviendrais toujours du médecin qui nous avait reçu, il aimait dire que le don de sperme est l'acte médical le plus agréable qui existe ! En France le don de sperme est GRATUIT et ANONYME. Vous trouverez tous les renseignements nécessaires sur le site de l'Agence de Biomédecine, mais également sur le site Don de Spermatozoïdes. Messieurs les papas qui nous lisez, une bonne action en cette fin d'année ? et si vous offriez l'espoir de devenir parents pour Noël ? Mesdames, un petit spitch à votre mèrirené ? Un grand merci de la part des milliers de couples qui attendent vos dons pour connaître la joie d'être parents!
9.Des cliniques étrangères cherchent des patientes françaises...
La fécondation in vitro et la gestation pour autrui sont devenues un véritable marché international. Le Figaro d'hier révèle que des centres espagnols, ukrainiens ou grecs proposent à des établissements français une commission pour se faire envoyer des candidats à la procréation médicalement assistée. Ainsi, un centre médical espagnol a proposé à une clinique de Bagnolet de lui envoyer des candidats à la procréation médicalement assistée moyennant commission : «Nous offrons à nos partenaires internationaux des cycles de dons d'œufs pour 6 000 euros, avec un paiement de 500 euros aux cliniques nous adressant des patients», indique cette lettre, que le Conseil national de l'ordre des médecins a dénoncé sur le champ. Le Conseil a officiellement mis les médecins en garde contre les sanctions encourues s'ils acceptaient une telle offre - sanctions allant jusqu'à la radiation.
10.Le diagnostic préimplantoire : où en est-on ?
Le diagnostic préimplantoire (DPI) a été autorisé en France depuis 1994 pour éviter de transmettre à l'enfant des maladies héréditaires graves mais il a été appliqué pour la première fois en 2000. Seulement les couples mariés, dont la femme a moins de 37 ans et dont l'enfant a un risque certain d'être atteint d'une maladie "grave et incurable" peuvent en bénéficier. Le taux de réussite de cette méthode n'est que de 20%. Environ 400 couples ont recours chaque année à cette méthode. La sélection des embryons ne se fait que dans trois centres : Montpellier, Strasbourg et en région parisienne, à la maternité Antoine-Béclère. Le délais d'attente peut aller jusqu'à 6 mois... Quant à la sélection des "bébés médicament" dont le système immunitaire correspond à celui d'un frère ou d'une soeur malade, il a été autorisé à titre provisoire, pour des maladies très graves. En France, c'est le Pr Frydman, "père" du premier bébé-éprouvette, qui est le seul habilité à la réaliser.
11.Mères porteuses : des maux de la stérilité aux mots de la procréation
Les médias ont en effet tendance à se focaliser sur les aspects négatifs et spectaculaires de cette pratique, notamment lorsqu'une mère porteuse refuse de donner l'enfant au couple commanditaire après la naissance (1). Alors, loin des scénarii de " ventre à louer " ou de " bébé à vendre ", de quoi parle-t-on exactement?
11.1.Cas de figures.
Deux cas de figures peuvent se présenter. Dans la méthode " traditionnelle ", la mère porteuse et le père commanditaire sont les parents génétiques de l'enfant à venir, dont la conception a eu lieu par insémination. Dans cette situation, on peut désigner la mère porteuse en termes de " mère de substitution ". Mais depuis le développement des techniques de fécondation in vitro, il est possible également de transférer chez la mère porteuse un embryon issu des gamètes de chacun des partenaires du couple commanditaire. Dans cette situation, le rôle de la mère porteuse est purement gestationnel, il s'agit d'une " mère porteuse " au sens strict et l'enfant est génétiquement lié aux deux parents qui l'élèveront. Porter un bébé pour une autre femme est une des procédures les plus controversées dans le champ des techniques de procréations médicalement assistées (1). Dans les pays tolérant ou autorisant cette pratique, comme par exemple en Grande-Bretagne, les études scientifiques montrent que les indications du traitement restent limitées (2). Les femmes qui font appel à une mère porteuse présentent des pathologies précises : l'absence d'utérus, résultant d'une anomalie congénitale ou consécutive à une hystérectomie, des fausses-couches répétées, une contre-indication médicale à la grossesse ou de nombreux échecs de fécondation in vitro. Ainsi, certains couples tentent d'avoir un enfant depuis plusieurs années avant d'envisager le recours à une mère porteuse (3). Quoi qu'il en soit, cette décision s'inscrit après un long parcours d'infertilité, d'investigations et éventuellement de traitements. Elle n'est par ailleurs jamais facile à prendre, ce qui tendrait à rendre infondées les craintes d'un recours à cette pratique pour des raisons de convenance.
11.2.Risques.
Du coté des mères porteuses, la grossesse et la mise au monde d'un enfant ne sont pas sans risques physiques, médicaux et psychologiques, notamment un risque évident de dépression du post-partum (1 et 4). Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, ce risque se monnaie mais le paiement n'apparaît pas comme étant le facteur principal de motivation; des raisons altruistes seraient également invoquées (H. Ragoné, cité par V. Javda et al., 2003). Par contre, en Finlande, les mères porteuses, désireuses d'aider une parente ou une amie proche, sont totalement " volontaires et altruistes ". Toutes les parties concernées passent alors un accord et bénéficient d'un soutien pendant les traitements, la grossesse et lors de l'adoption de l'enfant par le couple commanditaire (4). Une prise en charge globale qui pourrait servir d'exemple à de nouveaux pays légalistes et de garde-fou aux éventuelles dérives.
11.3.Ce qui fonde la maternité.
Depuis plusieurs décennies, le recours aux moyens de contraception a engendré une fragmentation de la fonction de reproduction en séparant la sexualité de la reproduction. Actuellement, le développement des techniques de procréation médicalement assistée (PMA) permet de séparer l'expérience de la maternité de la gestation et ce par l'implication d'un tiers dans l'unité constituée par le couple parental (5). Les questions sociétales qui résultent de cette fragmentation portent sur ce qui fonde la maternité aujourd'hui: le lien génétique, utérin, social ou le désir qui a précédé l'arrivée de l'enfant ? La mère d'un enfant est-elle partout et toujours celle qui l'a accouché (6) ? L'existence d'un mot pour désigner une pratique est sans doute le meilleur indice de la capacité à penser celle-ci. La " gestation pour autrui " renvoie aux notions de gestation et d'altérité, tandis que le terme de maternité (de substitution ou de suppléance) recouvre quant à lui une signification propre en droit de la filiation et une double réalité biologique : celle de la conception et de la mise au monde. Or, ces deux composantes sont ici dissociées. C'est ainsi que se posent alors les questions psychologiques pour l'enfant à venir : les influences réciproques de la mère et de l'enfant durant la période prénatale sont actuellement bien connues et les questions portent sur la rupture que vivra l'enfant dans son expérience entre l'intra-utérin et l'extra-utérin. Mais l'on peut faire l'hypothèse que la mère commanditaire, comme les mères adoptives d'ailleurs, est à même d'assurer au bébé une continuité expérientielle et existentielle.
12.Mère porteuse: pratique interdite au Québec.

La procréation pour autrui et la gestation pour autrui ne constituent pas un don, ni une mesure pour atteindre l'égalité; le discours du don de soi et du respect de l'égalité n'est qu'un écran de fumée, soutient l'auteure. Dans son rapport Éthique et procréation assistée: des orientations pour le don de gamètes et d'embryons, la gestation pour autrui et le diagnostic préimplantatoire rendu public le 30 octobre dernier, la Commission de l'éthique de la science et de la technologie recommande au gouvernement québécois de maintenir le principe de la nullité des contrats de gestation pour autrui, tel que le prévoit le Code civil depuis 1994. Il faut ici souligner le courage de la Commission, alors que la loi fédérale sur la procréation assistée permet les contrats de maternité de substitution pour autrui à titre gratuit et que la plupart des provinces canadiennes reconnaissent les contrats de gestation gratuits (la mère porteuse ne fournit que l'utérus et n'a aucun lien génétique avec l'enfant). Plusieurs pays les autorisent comme la Grande-Bretagne et certains États des USA. Un rapport récent du Sénat français recommande au gouvernement de permettre les contrats de gestation pour autrui à titre gratuit, mais encadrés de façon très stricte, pour éviter entre autres le tourisme procréatif. Les progrès scientifiques avec la fécondation in vitro, Internet et un certain droit à l'enfant semblent justifier et banaliser une telle pratique.Une décision québécoise de janvier dernier avait rejeté la demande d'adoption d'une enfant, issue d'une mère porteuse qui avait fourni l'ovule, par la conjointe du père biologique (le couple intentionnel). Cette enfant se retrouvait sans filiation maternelle avec les conséquences juridiques en découlant. Le juge a refusé d'instrumentaliser le meilleur intérêt de l'enfant et de détourner l'institution de l'adoption. La pratique de la procréation pour autrui (la mère porteuse fournit l'ovule) ou la gestation pour autrui (la mère porteuse reçoit un embryon du couple intentionnel) soulève de nombreuses contradictions, ce qui explique les différentes formes d'interventions des États, de l'interdiction totale au libre choix. Les contrats de maternité de substitution peuvent être vus comme permettant une plus grande liberté individuelle: la liberté de femmes qui veulent être mère porteuse et la liberté des couples infertiles qui désirent des enfants. Mais les contrats peuvent aussi miner la liberté individuelle, celle des femmes qui se sentent obligées d'être mère porteuse - pression sociale, familiale, financière - et la liberté des personnes infertiles qui répondent à la pression de leur conjoint de recourir à la maternité de substitution plutôt que l'adoption. La maternité de substitution peut être une source de pouvoir pour les femmes qui sont mères porteuses et leur permettre d'atteindre l'égalité. Elles peuvent gagner de l'argent. Mais la maternité de substitution peut porter atteinte au droit à l'égalité en exploitant les femmes pauvres et en renforçant le rôle de prise en charge des femmes, en les réduisant à leur utérus, et en reproduisant les valeurs de la société patriarcale. La maternité de substitution peut engendrer d'autres sortes d'inégalités, comme la marchandisation des enfants et peut reproduire des hiérarchies sociales et raciales.Cette pratique renforce la famille traditionnelle en permettant à des couples infertiles d'avoir des enfants de leurs propres gènes. Mais cette pratique déstabilise aussi la conception traditionnelle de la famille. Des couples gays ou lesbiens ou des personnes seules peuvent ainsi former des familles, ce qui remet en question l'image de la famille traditionnelle avec deux parents hétérosexuels ayant des liens génétiques avec leurs enfants. La maternité de substitution remet aussi en question la famille traditionnelle même lorsqu'un couple hétérosexuel y fait appel, en l'absence de liens génétiques entre les parents et les enfants. La famille devient donc une construction sociale. Cette pratique fait entrer le contrat, l'argent et le libre marché (pour les contrats commerciaux) dans la famille. La tendance semble aller vers l'encadrement législatif de la gestation pour autrui à titre gratuit, dans le cas où l'un des conjoints est infertile et où l'un d'eux au moins sera le parent génétique, grâce à la fécondation in vitro, comme le propose la loi albertaine. La mère porteuse n'a donc aucun lien génétique avec l'enfant. L'idée du respect de l'égalité semble justifier cette approche. D'abord, une égalité entre toutes les femmes infertiles: celle qui ont des ovules mais ne peuvent concevoir, et celles qui n'en ont pas mais qui peuvent concevoir. Afin de respecter la diversité des familles, l'égalité entre toutes les familles, qu'elles soient unies par des liens de sang ou pas, qu'elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles, doit être garantie. Tous les couples ont le «droit» à la procréation. Ensuite, tous les dons (de sang, de sperme, d'ovule) s'équivalent. Enfin, la maternité de substitution doit être rapprochée de l'adoption. Cette dernière est permise; l'autre le devrait aussi. Dans les deux cas, un enfant change de famille et tout le monde est heureux. Ce discours d'égalité gomme d'autres réalités. En fait, il s'agit du concept d'égalité-symétrie, selon lequel tous doivent être traités de la même façon. Pourtant, cette approche ne permet pas d'atteindre l'égalité réelle. Le discours égalité-symétrie qui entoure la maternité de substitution rend invisible le corps de la mère porteuse. Pour respecter le droit à la procréation de tous les couples et de toutes les personnes célibataires, en supposant qu'un tel droit existe, la solution réside dans la location, l'emprunt, ou la mise à la disposition d'un utérus qui, pour le moment, se trouve encore dans le corps d'une femme. Ce discours cache aussi la création d'un enfant de toute pièce. La maternité de substitution ne ressemble pas à l'adoption: dans ce dernier cas, l'enfant est déjà là. De plus, il ignore les risques pour la santé. Le don de sang ou de sperme n'équivaut pas au don d'ovule, compte tenu des médicaments à prendre pour assurer une meilleure récolte d'ovules. Les risques encourus pour une femme qui se prête à la fécondation in vitro et ensuite à la grossesse et à l'accouchement ne sont pas du même ordre que pour un don de sang ou de sperme. Dans le cas de la gestation pour autrui, de quel don s'agit-il au juste? Don de temps, d'enfant, don de capacité à assurer une grossesse ? Mais que se cache-t-il derrière le discours du don? Les cliniques de fertilité et les médias jouent beaucoup sur l'image du don. La maternité de substitution serait moralement acceptable parce qu'elle est vue comme un acte d'amour et de don de soi, don de vie, ce qui est en accord avec l'image culturelle de la femme qui aide autrui. Quant à la maternité de substitution commerciale, elle serait moralement inacceptable parce que la femme est égoïste et profiteuse. On doit s'interroger sur les valeurs imposées aux femmes dans ce contexte et l'exploitation de leur rôle traditionnel de reproduction. Même dans les cas de mère porteuse commerciale, l'aspect financier est ignoré: le montant est très petit et la femme le fait avant tout pour des motifs altruistes. Pourtant, dans les deux sortes de contrat, à titre gratuit ou onéreux, il y a marchandisation d'un enfant, les risques pour la santé de la mère porteuse sont réels, l'exploitation de femmes vulnérables est possible et les effets sur les autres membres de la famille de la mère porteuse peuvent être présents. L'absence d'argent n'efface pas toutes formes d'exploitation, qui peuvent être engendrées par les pressions familiales et sociales. Se pose l'épineuse question de la «compensation» ou du remboursement des dépenses de la mère porteuse. Le remboursement de perte de salaire de la mère porteuse serait-il permis ? De plus, les contrats gratuits reproduisent l'idée que les femmes travaillent gratuitement et ils maintiennent ainsi les stéréotypes. Dans d'autres contextes, un travail non rémunéré violerait les normes en droit du travail. Il s'agit d'exploitation du corps des femmes. Le Québec n'a pas à revoir sa législation sur le sujet pour répondre à une nouvelle mode. La Commission de l'éthique de la science et de la technologie a vu juste. Il ne faut pas être dupe. Le discours du don de soi et du respect de l'égalité n'est qu'un écran de fumée. La procréation pour autrui et la gestation pour autrui ne constituent pas un don, ni une mesure pour atteindre l'égalité. Les parents intentionnels, les mères porteuses, les cliniques de fertilité et les avocats qui participent à l'aventure sont maintenant informés: ce sera l'enfant qui subira les conséquences juridiques de la décision de ses géniteurs d'ignorer la loi.
13.Don humaniste ou marchandisation du corps ?

Il faut souligner que la pratique des mères porteuses a totalement changé depuis les affaires des années 1980, comme le souligne la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval. En effet, il ne s'agit plus d'enlever contre rémunération l'enfant d'une maman à la naissance pour le confier à une autre. Aujourd'hui, tout passe par la fécondation in vitro : on prélève un spermatozoïde et un ovule des deux parents qui souhaitent un enfant, et on l'implante chez la mère porteuse. L'enfant est donc biologiquement celui des parents qui le désirent (ou au minimum de l'un des deux*). Il n'a pas de lien génétique avec celle qui le porte. Preuve d'ailleurs de l'évolution de la pratique, on ne parle plus de "mère porteuse" mais de "gestatrice", de "gestation pour autrui" ou même de "nounou"... Celle qui porte le bébé n'est ainsi plus qualifiée de "mère". Une sorte de déshumanisation que dénonce le Dr Jacqueline Mandelbaum. Pour elle, la mère porteuse ne peut être considérée uniquement comme un utérus, un "four" à faire des bébés que l'on loue pour 9 mois... Mais paradoxalement, les défenseurs de la gestation pour autrui dénoncent aussi cette déshumanisation. Selon eux, si elle est bien encadrée, cette pratique n'est pas un vulgaire achat de marchandises, mais un don d'un couple à un autre couple, d'une femme à une autre femme. D'ailleurs, la question de l'argent, tant décriée par les détracteurs, apparaît souvent comme secondaire dans la pratique, et n'est jamais la motivation des mères porteuses. Concrètement, dans les pays qui autorisent ce recours, la gestatrice garde très souvent des liens privilégiés avec la famille dont elle a porté l'enfant. Pour les défenseurs, c'est donc l'interdiction qui déshumanise la gestation pour autrui, en entraînant le recours à des voies illégales, des mères anonymes qui font cela pour de l'argent et ne connaissent même pas les couples dont elles portent l'enfant.
En attendant la révision des lois de bioéthique en 2009, les partisans des deux camps continueront de s'affronter... Et seuls les parents qui en ont les moyens financiers continueront de s'adresser à l'étranger, pour le meilleur comme pour le pire. Si la mère intentionnelle ne peut produire d'ovule. On aura recours à l'ovule d'une donneuse et jamais à celui de la gestatrice.
14.Il ne faut pas banaliser les mères porteuses!
Le Dr Jacqueline Mandelbaum, responsable du service de biologie de la reproduction à l'hôpital Tenon et membre du Comité Consultatif national d'éthique s'oppose à la légalisation de gestation pour autrui. Elle nous expose son opposition au recours aux mères porteuses
Pour vous, le débat sur les mères porteuses est trop centré sur la légitimité des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants à demander une solution...
Dr Mandelbaum: On a centré les discussions sur la légitimité des couples infertiles -femmes sans utérus ou avec un utérus non fonctionnel- . C'est un mauvais débat. Bien évidemment, la demande de ces couples en souffrance est légitime. Ils ont tout-à- fait le droit de demander des solutions. Le problème, c'est le moyen utilisé. On parle de prêt d'utérus. Or, cet utérus ne peut pas se désolidariser du reste du corps. Il s'agit donc ici d'un prêt de femme, pendant un an de sa vie, entre les 9 mois de gestation et les suites des couches. Cela pose un problème qui mérite que l'on centre le débat sur ces femmes porteuses et sur ce don. J'ai été choquée par la manière dont on considère celui-ci : comme si c'était normal et anodin. Je trouve que l'on banalise complètement le don des mères porteuses.
Que pensez-vous du risque de marchandisation du corps des femmes ?
Dr Mandelbaum: On utilise pour parler des mères porteuses une image qui me semble choquante, celle du four qui cuit un gâteau. L'utérus n'est pas un four. Il y a des cellules qui vont de la mère porteuse à l'enfant et inversement. Tout le monde participe à la constitution de cet enfant. A-t-on le sentiment que c'est quelque chose sur lequel on veut s'engager, légiférer ? Il faut se poser la question de l'instrumentalisation du corps de ces femmes. Je pense qu'il ne faut pas atteindre à la liberté et à la sécurité d'autrui. Et je ne suis pas certaine que la solution des mères porteuses ne porte pas atteinte à la liberté et à la sécurité de celles-ci. Il faut aussi réfléchir au danger de l'indemnisation. La loi prévoit un montant d'indemnisation. Forcément, il y a des gens qui vont être intéressés par cet argent. Or, c'est un don qui n'a pas de prix et ce qui n'a pas de prix ne se paye pas. En revanche, si l'on accepte la Gestation Pour Autrui, il faudra une prise en charge totale de la grossesse.
Vous évoquez des risques pour la mère porteuse...
Dr Mandelbaum: Il y a effectivement des risques, comme dans toute grossesse. Les risques d'enjeu vital sont très faibles mais il ne faut pas oublier que des femmes meurent pendant la grossesse ou l'accouchement. Evoquons d'autres risques moins graves qui sont loin d'être anodins. Le risque de fausse couche tout d'abord: le taux de fausse couche est de 20 % pour ces grossesses qui font suite à une fécondation in vitro (FIV) avec les ovocytes de la receveuse. Une fois sur cinq, la mère porteuse fait une fausse couche. C'est loin d'être insignifiant. Dans 2% des cas, ces grossesses sont extra-utérines, ce qui peut mener au pire à une chirurgie des trompes. En outre, 20 % de ces grossesses sont gémellaires car, souvent, on transfère plusieurs embryons pour être sûr d'avoir un enfant. Ces grossesses sont plus compliquées -menace de fausse couche, éventuel alitement-. N'oublions pas enfin que pour une grossesse GPA, il faut trois transferts. C'est la femme qui porte l'enfant qui subit tout cela. On gomme ces risques, on considère qu'ils sont acceptables, cela me semble choquant.
Pour vous, ce n'est donc pas facilement réalisable...
Dr Mandelbaum : En plus de toutes les réserves émises ci-dessus, il faut évoquer le problème du nombre de demandes. On nous dit que cela représentera 40 ou 50 cas par an. C'est vrai si on ne compte que les femmes qui n'ont pas d'utérus. Mais si on regarde le reste des indications, autres pathologies utérines, fausses couches à répétition, échecs à l'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), on peut penser qu'il y aurait plutôt 2000 demandes annuelles. Or, on ne pourra pas satisfaire autant de demandes dans le cadre très étroit qui est prévu. Donc on ne limitera pas le tourisme procréatif. En outre, on peut penser que s'il y a pénurie, cela deviendra plus cher. Un cadre très étroit, très rigoureux permettra de montrer que c'est difficilement réalisable.
Quelle autre solution proposer aux couples en mal d'enfants ?
Dr Mandelbaum : L'alternative, c'est l'adoption. Or, celle-ci est très compliquée et coûte très cher. Pourquoi ne pas prévoir des parcours privilégiés et engager une réflexion sur l'adoption ? On pourrait envisager des aides à la prise en charge financière des démarches. Cela résoudrait peut-être les choses de façon satisfaisante. Car ce que souhaitent ces couples, c'est avoir un enfant. Quant au débat sur les mères porteuses, je pense qu'il faudrait le replacer dans un autre cadre : des conventions de citoyens par exemple, ce qui donnerait un autre éclairage. Dans tous les cas, débattre, c'est très bien. Mais ce sont les députés qui décideront.
Propos recueillis par Anne-Sophie Glover Blondeau, le 2 juillet 2008.
15.La Gestation pour autrui est un don de femme à femme.
Il faut autoriser la gestation pour autrui, à condition de l'encadrer ! C'est l'avis de Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste, auteur de "Famille à tout prix", qui a suivi de nombreux parents et rencontré des "mères porteuses". Elle nous livre son avis sur ce "don de couple à couple, de femme à femme".
Vous êtes favorable à lagestation pour autrui (GPA). Pouvez-vous nous en dire plus?
Geneviève Delaisi de Parseval : Je suis pour la gestation pour autrui, mais pas n'importe laquelle. En France, la question des "mères porteuses" renvoie aux affaires des débuts des années 1980, souvent sordides, dans lesquelles des femmes abandonnaient leurs enfants au profit d'autres couples. C'était avant que les techniques de fécondation in vitro (FIV) prennent l'ampleur qu'elles ont aujourd'hui. Maintenant, nous ne sommes plus du tout dans la même problématique. C'est d'ailleurs depuis la FIV que plusieurs pays ont légiféré en faveur de la gestation pour autrui. En effet, il ne s'agit plus pour une gestatrice de céder son propre enfant, mais de réellement porter l'enfant d'un autre couple, fait avec un ovule de la mère "d'intention" et le père "d'intention". Aujourd'hui, ce n'est en aucun cas son propre enfant qu'elle porte. Et si la mère d'intention ne peut donner d'ovule, on fait appel à une donneuse anonyme mais jamais à la mère porteuse. Il n'y a pas d'ambiguïté dans la démarche, et le lien génétique est toujours avec le couple qui souhaite l'enfant. C'est d'ailleurs ce que le Sénat préconise dans son rapport.
Même si ce n'est pas génétiquement son enfant, la gestatrice porte le bébé. C'est elle qui vit la grossesse, cela ne crée-t-il pas des liens, des droits ?
Geneviève Delaisi de Parseval : Le lien entre une mère et son enfant se crée effectivement petit à petit au cours de la grossesse, dans les situations classiques. L'"instinct maternel", s'il existe, est une construction qui apparaît au cours des neuf mois. Dans le cadre de la gestation pour autrui, les choses sont claires dès le départ : la gestatrice porte l'enfant d'un autre couple. Elle souligne elle-même qu'elle ne vit pas cette grossesse comme celle qu'elle a pu vivre pour son enfant : "Ce n'est pas du tout le même rapport, je n'investis pas la grossesse, je ne prépare pas sa chambre" soulignent-elles fréquemment. Les gestatrices ne font d'ailleurs pas les mêmes rêves que lors de leurs propres grossesses. De plus, toute la grossesse est vécue, partagée avec la mère d'intention. Car, comme le prévoient les législations existantes, les deux couples se rencontrent, se connaissent, se côtoient. D'ailleurs les gestatrices anglo-saxonnes disent souvent "Nous sommes enceintes" en incluant la mère d'intention. La gestatrice délègue cet "instinct maternel". Il n'est pas rare que les mères d'intention vivent ainsi une grossesse par procuration : elles prennent 10 kilos…
Ainsi, cette gestation pour autrui, c'est un échange, un don de couple à couple et surtout de femme à femme. La gestatrice n'est pas juste un "four" qui livre un bébé, c'est une relation humaine !
Ce n'est pas comme en Ukraine ou en Inde ou les gestatrices sont anonymes et n'ont aucun rapport avec le couple. Elles ne savent pas pour qui elles portent l'enfant et accouchent d'ailleurs souvent sous anesthésie générale… C'est pour cela qu'il est important de légiférer, pour éviter le tourisme médical, et ces pratiques barbares.
Justement, quels critères doivent selon vous permettre à une femme de devenir gestatrice?
Geneviève Delaisi de Parseval : Je rejoins les recommandations du Sénat : la gestatrice doit avoir déjà eu des enfants, être en couple, ne pas avoir perdu un bébé ou être dans le besoin et pourvoir choisir le couple dont elle va porter l'enfant…
Je pense également qu'elle ne doit pas avoir de liens de parenté avec le couple dont elle porte l'enfant. Cela risque de créer des problèmes affectifs pour l'enfant et pour la famille.
Que pensez-vous de la rémunération des gestatrices?
Geneviève Delaisi de Parseval : Il est normal de proposer un défraiement, qui ne soit pas simplement un Smic. La loi grecque par exemple, qui est selon moi l'une des plus abouties, propose deux fois le Smic aux gestatrices, pendant un an. Cette somme est fixée légalement, il n'y a pas de négociation possible. Mais clairement les gestatrices ne font pas cela pour de l'argent. D'ailleurs dans la plupart des couples que j'ai suivis, la gestatrice avait une meilleure situation que le couple intentionnel !Les femmes qui décident de devenir gestatrices ont souvent une histoire personnelle à réparer. Par exemple, je connaissais une gestatrice qui était une fille adoptée, et sa démarche n'y était pas étrangère. De même que l'on ne donne pas un rein sur un coup de tête, on ne devient pas gestatrice par hasard.
Quel rapport garde la gestatrice avec le couple et l'enfant après la naissance?
Geneviève Delaisi de Parseval : Dans tous les cas que j'ai suivis, les deux couples restent liés. La gestatrice vient souvent aux grandes dates anniversaires de l'enfant (les 5 ans, les 10 ans…). Elle garde un contact avec le couple. Et lorsque l'enfant la rencontre, il sait qui elle est, il sait qu'elle l'a porté. Dans toutes les familles que j'ai vues, rien n'était caché, et l'enfant savait qu'il venait d'une gestation pour autrui. Je pense que c'est important qui sache dès le départ la vérité.
Vous approuvez donc totalement le projet du Sénat?
Geneviève Delaisi de Parseval : J'approuve effectivement le rapport du Sénat. Le seul point qui me gêne dans les recommandations, c'est le délai prévu de rétraction de 3 jours pour la gestatrice : à partir du moment tout est bien établi dès le départ, que la mère n'a pas de liens génétiques avec le bébé, introduire ce type de recours risque de poser de nombreux problèmes. La loi anglaise par exemple prévoit que la mère puisse faire une action en justice uniquement si elle a donné son propre ovule. On ne peut pas donner d'une main et reprendre de l'autre.
Mais ne faudrait-il pas plutôt améliorer et faciliter les procédures d'adoption que de légaliser la gestation pour autrui ?
Geneviève Delaisi de Parseval : Ces deux possibilités ne s'opposent pas et peuvent coexister. Les gens qui entrent dans une GPA n'ont pas la même démarche. Ils ont une volonté de donner quelque chose d'eux au futur bébé. Ce n'est pas tant un désir de filiation biologique ou de lien génétique, c'est dans la volonté de donner une partie de sa personne à son enfant. Je me souviens d'une femme qui avait eu un enfant, puis avait dû subir une hystérectomie lors de sa seconde grossesse, au cours de laquelle elle avait malheureusement perdu le bébé. Pour son troisième enfant, elle a souhaité une GPA, pour préserver un lien fraternel avec son premier enfant.
Bien sûr, il faudrait faciliter les démarches de l'adoption, mais aujourd'hui il faut prendre en compte la réalité, les difficultés qui existent et le désir des couples. C'est pourquoi il est important selon moi d'autoriser la gestation pour autrui.

16.Gestation pour autrui : une décision mûrie.
Toutefois, braver la loi ne se décide pas à la légère. La plupart du temps, les candidats à la gestation pour autrui (GPA) ont également entamé des démarches pour l'adoption qui s'avèrent longues, onéreuses, avec un taux de réussite très aléatoire. "Après 5 ans de démarches infructueuses, nous avons fini par opter pour la GPA", avoue Sylvie, 34 ans (Verneuil sur Havre) maman d'une petite Sarah. Pour les couples qui font ce choix, devenir parent et fonder une famille est devenu crucial. Une motivation bien au-delà de la législation. "Il existe des solutions pour l'infertilité, pas pour des problèmes d'utérus, c'est injuste non ?" questionne Marie, qui se considère "interdite d'enfant".
Une fois la décision prise, certains couples vont chercher une mère porteuse dans les pays qui les autorisent. "Plus la procédure est encadrée mieux c'est !" signalent Marie et son mari Philippe qui ont choisi le Canada pour des raisons linguistiques. "Dans un modèle légal, le tiers existe, médecin, psychologue et notaire accompagnent le couple, une configuration inexistante dans la clandestinité" précise Laure Camborieux, présidente de l'association MAIA, militante pour la gestation pour autrui. Une consultation psychologique s'inscrit dans le parcours, le choix de la "nounou" a lieu suite à une rencontre, une convention précise la nature des indemnisations pour la "gestatrice" et établit la responsabilité des parents vis-à-vis de l'enfant. "Nous avons remboursé les vêtements de grossesse, les frais médicaux, le mois de salaire où elle n'a pas travaillé" précisent Louise et Julien, qui ont fait le choix de la Californie. Bien sûr les dérives mercantiles existent, elles sont souvent favorisées par la clandestinité. A l'inverse, quand la procédure est légale, mettre en place une médiation en cas de problème est tout à fait possible.
17.Des relations privilégiées entre mère intentionnelle et mère porteuse.
La gestation pour autrui est une aventure singulière, qui ne ressemble à aucune autre. Du transfert d'embryon, aux échographies jusqu'à la naissance, il peut se nouer une relation très particulière entre la nounou porteuse et la maman commanditaire. "Nous ne sommes plus deux à attendre un bébé mais trois" se souvient Marie. Pour la naissance de l'enfant, le personnel prend en compte les différents intervenants. Marie a ainsi coupé le cordon ombilical lors de l'accouchement et dormi dans la chambre sa fille la première nuit… Aux détracteurs qui mettent en avant les désordres psychologiques que peut entraîner la gestation pour autrui chez les génitrices et les enfants, Laure Camborieux répond que "La question est légitime, bien sûr, mais les publications sont rassurantes". Des études réalisées en Grande-Bretagne (*) sur des familles "classiques" et celles par GPA, montrent que ces dernières ne présentent pas de dysfonctionnement notoire, et se portent bien.
A condition d'informer l'enfant sur l'histoire de sa conception. Le fort investissement de ces couples et la maturation autour de leur désir d'enfant y est sans doute pour beaucoup. Au-delà du parcours difficile, le rêve s'est accompli, bébé est bien là, gigotant dans les bras, et les complications surgissent. Une fois revenu sur le territoire français, l'enfant n'est pas reconnu comme enfant biologique, il n'a donc pas d'Etat civil français. Un handicap administratif quotidien. "Un bout de papier manquant ne peut entamer notre bonheur d'avoir notre petite fille, mais la clandestinité est difficile à vivre" avoue Marie. Mais depuis octobre 2007, la Cour d'appel de Paris a reconnu la filiation des jumelles nées d'une mère porteuse californienne, à l'égard du couple "intentionnel". Un premier pas vers la légalisation de cette pratique. Le second pas a été franchi en juin 2008 avec la proposition du Sénat d'autoriser le recours à la gestation pour autrui. Un nouvel espoir pour des centaines de couples qui chaque année, ne peuvent avoir d'enfant par d'autres moyens.
18.La Maternité de substitution.
La maternité de substitution est un processus fondé sur le principe moral de l'altruisme à travers lequel des femmes obtiennent leur propre enfant alors qu’elles ont de graves problèmes de santé, soutient le chirurgien, gynécologue - obstétricien Thanos Parashos. Il insiste sur le fait que dans le cas de la maternité de substitution, la mère n’est pas celle qui donne naissance mais celle qui fournit le matériel génétique, et souligne que la loi en vigueur en Grèce en matière de maternité de substitution est démocratique et couvre pleinement tous ses aspects.
Qu’est-ce qu’on entend exactement lorsque l’on parle de maternité de substitution?
"La maternité de substitution concerne des femmes qui, pour diverses raisons, n’ont pas d’utérus ou leur utérus a un problème très grave. Mais elles ont toujours leurs ovaires. Dans ces cas, nous utilisons une troisième femme dans l'utérus de laquelle on place le ou les embryons obtenus à partir de l'ovocyte fécondé d'une autre femme avec le sperme de son partenaire. La femme qui porte ce ou ces embryons est appelée mère porteuse et le procédé, maternité de substitution."
C'est une forme de Fécondation in vitro?
"Tout à fait. La FIV a débuté il y a 27 ans pour d'autres raisons et elle est utilisée pour d'autres raisons aujourd'hui. A l’époque on traitait des problèmes de blocage des trompes. Aujourd'hui, la FIV s’utilise pour la maternité de substitution, pour des maladies génétiques, pour des problèmes d’oligospermie sévère."
Les taux de réussite sont les mêmes que pour les autres formes de FIV?
"Il sont semblables aux autres formes de FIV. Ils peuvent aller de 30, 60, jusqu’à 70%, selon le problème et le cas. Plus la femme qui donne ses ovocytes est jeune, plus les taux de réussite sont élevés. Et que ce soit pour la maternité de substitution, ou pour la FIV en général c’est l’âge de l’ovocyte qui a un rôle déterminant."
Avez-vous appliqué le processus de maternité de substitution?
"A de maintes reprises. Ces 18 derniers mois, nous avons eu cinq cas, parmi lesquelles deux mères porteuses ont donné naissance et la troisième est enceinte."
La mère porteuse est choisie par le couple ou proposée par le médecin?
"Le couple. Je n'ai pas cette possibilité et je ne veux pas m’interposer pour trouver cette femme. S’ils la trouvent et si le tribunal approuve le choix, alors je m’engage dans la procédure."
Les mères porteuses sont généralement proches du couple?
"Elles peuvent même être des membres de la famille mais selon mon expérience, la plupart d’entre elles étaient des amies."
Une question subsiste chez les gens: Quel est la motivation pour une femme de devenir mère porteuse alors que la loi exclut formellement toute rémunération?
"Des motifs purement altruistes. La femme qui décide de donner naissance à un enfant d'une autre femme qui a ou avait un problème de santé grave, compatie et veut l’aider. De manière générale, les mères porteuses ont souvent des enfants à elles et sont conscientes des problèmes de conception et d’accouchement d’un enfant et elles essayent seulement d'aider une autre personne."
Le moment où une femme donne naissance et voit son bébé pour la première fois, est considéré comme unique. Dans ce cas, que se passe t-il?
"Dans la plupart des cas, la mère porteuse accouche par césarienne. Il existe un lien émotionnel, mais il cesse d’exister car génétiquement l'enfant n'appartient pas à la femme qui lui donne naissance, elle n'a pas les mêmes gènes. C’est pour cela que la loi est venue combler ce vide et sécuriser le couple à cent pour cent".
Etes- vous d’accord avec ces formes de procréation?
"Non seulement je suis d’accord mais je pense que c’est une démarche positive et très importante, un geste de compassion pour venir en aide aux personnes qui ont des problèmes et ne peuvent pas avoir d'enfants."
Comment avez-vous réagi à la décision de justice récente qui a accordé l’autorisation à une femme de 52 ans de donner naissance au bébé de sa fille?
"Très bien. Pourquoi une femme ne pourrait pas aider une autre à avoir des enfants et encore plus quand il s’agit de sa fille? Par ailleurs il n’y avait pas de grande différence d'âge. Le législateur pose une limite d’âge de 50 ans et elle en avait 52. La loi doit faire preuve d’une certaine souplesse et permettre quelques exceptions. Notre spécialité est dynamique, en constante évolution et aujourd’hui, il se passe des choses qu’on n’aurait même pas pu imaginer il y a 5 ans. N'oublions pas qu'il existe l’Autorité Nationale Indépendante de la FIV, qui permet de contrôler et de statuer sur les cas d’exceptions qui peuvent se poser."
N’est-il pas dangereux pour une femme de 52 ans de d"onner naissance à un enfant?
"Il y a des risques, et encore plus pour elle-même. C’est pour cela que le couple devrait rechercher une mère porteuse assez jeune, cela est en effet préférable pour l’embryon et pour elle-même. Mais s’il ne peut pas trouver de femme jeune, alors il se résout à la solution choisie par le dernier couple de Corinthe."

19.Examen du caryotype.
Test génétique révolutionnaire pour des bébés «parfaits »
Des scientifiques britanniques ont mis au point un test révolutionnaire qui permettra aux futurs parents de contrôler que les embryons ne sont pas porteurs de la plupart des maladies génétiques connues.
Mais cet exploit scientifique réveille les craintes que l’on se dirige vers la création de « bébés sur commande ». Le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), développé en 1989, seul technique qui existait jusqu'à présent permet le diagnostic de seulement 2% des 15.000 maladies génétiques connues. Il prend également beaucoup de temps, les scientifiques devant d'abord identifier la mutation génétique exacte portée par une famille pour ensuite pouvoir développer un test adapté. La nouvelle technique, appelée karyomapping (examen du caryotype du noyau de la cellule), est basée sur la même technique (d’ailleurs développée par le même médecin, Alan Handyside du Centre Bridge à Londres), mais permet cette fois de détecter chez l’embryon toutes les maladies génétiques connues (à l'exclusion seulement de celles qui apparaissent subitement, par mutation aléatoire) et ce, en quelques semaines. Le nouveau test coûtera – s’il est approuvé par l’Autorité britannique de Fécondation et Embryologie- environ 1850 euros, mais le prix devrait baisser au fur et à mesure que la technologie évoluera. Dans un premier temps il est procédé à une création d’embryons par fécondation in vitro. Une fois que les embryons atteignent le stade de huit cellules, une cellule est prélevée en vue de l'analyse génétique. La carte génétique produite peut permet de déterminer si l’embryon a hérité des chromosomes contenant un gène défectueux. Les scientifiques peuvent alors vérifier qu’il n’y pas de combinaisons entrainant un risque accru de diabète, de cardiopathies, de cancer ou de maladie d'Alzheimer et peuvent contrôler les mutations qui causent des maladies graves telles que la fibrose kystique, la dystrophie musculaire et la maladie de Huntington. Ils peuvent aussi détecter les anomalies qui causent souvent la mort de l'embryon et ainsi implanter les embryons qui ont le plus de chances de survivre. L’examen du caryotype peut être utilisé aussi par après, lorsque l'embryon est devenu enfant, afin de donner plus d'informations sur le patrimoine génétique. En théorie, cette technique pourrait être utilisée pour sélectionner un embryon d'un sexe déterminé ou avec les yeux d’une couleur particulière ou pour sélectionner les gènes qui en feront plus tard quelqu’un de grand ou pour réduire les risques d’obésité. Le directeur scientifique du Centre de Bridge, Alan Thornchil, se veut cependant rassurant « Lorsque vous commencez à vouloir combiner plus de deux ou trois caractéristiques, il n’y a aucun espoir d’arriver à la combinaison parfaite. Il faudrait des milliers d'embryons, et il n'existe aucun moyen pratique de créer des milliers d'embryons ». D'ailleurs, ni les médecins, ni les parents ne jugeraient des cas d’application de l’examen du caryotype mais l’Autorité de Fécondation et Embryologie. Pour les couples encourant le risque de donner naissance à un enfant porteur d’une maladie héréditaire grave, l’examen du caryotype pourrait constituer une réponse à leur problème. Cela soulève néanmoins certaines questions: par exemple, la quantité d'informations est-elle suffisante? Qui doit avoir accès à ces informations ? Soyons clair : ces techniques ne sont pas la clé de la porte de l'enfant « sur commande». Les centres de Diagnostic préimplantatoire ne seront pas le refuge de couple en quête de l'enfant parfait. Bien que théoriquement l’examen du caryotype puisse être utilisé pour sélectionner les gènes d'un enfant, les limites pratiques, une législation juste et le bon sens assureront que nous ne dirigerons pas sur cette pente glissante. Cependant, nous serons confrontés à de nouvelles décisions concernant les types de maladies que nous devons être en mesure de diagnostiquer. Il faudra également décider dans quelle mesure il est juste de diagnostiquer plus d’une maladie à la fois, s’il peut être acceptable de diagnostiquer des maladies chroniques mais non mortelles. Puisqu’il existe ces possibilités, pourquoi ne pas permettre aux parents d’obtenir le meilleur enfant possible ? Mais d’un autre côté, ce dispositif de choix a quelque chose de gênant, semble annuler le rôle que doit jouer le parent.

20.Le Conseil de l'Europe reporte le débat sur la maternité de substitution.
Divisé face à ce sujet controversé, les membres de la Commission ont reporté le vote au 16 décembre 2005.
La commission des questions sociales, de la santé et et de la famille de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (Strasbourg) a reporté le vote sur rapport de Michael Hancock (Royaume-Uni, ALDE) relatif à une reconnaissance et un encadrement de la maternité de substitution, alternative à la stérilité. De nombeux membres de la commission n'ont pas réussi à trouver un accord sur la question de donner un statut législatif à ce sujet controversé dont la présentation, à travers le rapport de Michel Hancock, était jugée biaisée. Le nouveau délai permettrait d'améliorer des amendements afin de faciliter le consensus des membres, même si le report du vote souligne l'improbabilité de son adoption prévue le 16 décembre 2005. Le rapport de M. Hancock visait à réglementer le 'tourisme médical' croissant dans les pays où la vente de grossesses par maternité de substitution est légalisée. Plusieurs évidences démontrent que la vente de grossesses est un commerce de plus en plus fréquent qui soulève cependant d'importants problèmes légaux au sein des pays membres de l'Union européenne. Ainsi, on a récemment appris qu'une fille se retrouve sujet d'un conflit juridique après que sa mère porteuse ait violé un contrat de maternité de substitution établi avec un couple belge, préférant vendre l'enfant à un couple hollandais payant davantage. On constate donc un important risque de la commercialisation de la maternité à l'échelle européenne si ce rapport serait adopté. Légaliser cette pratique dans l'Union européenne ne servirait pas à réduire la vente des enfants à naître, mais elle entraînerait au contraire une plus grande marginalisation de la maternité et réduirait l'enfant à naître à un produit.
21.La «grossesse pour autrui» n'est-elle rien d'autre qu'un nouvel esclavage?

Sylviane Agacinski, féministe essentialiste, dénonce la barbarie soft de la gestation pour autrui (AFP)
Le Conseil d'Etat a rendu publique, mercredi, ses recommandations concernant la bioéthique. Elle prône l'autorisation des recherches sur les cellules souches embryonnaires, la levée sous conditions de l'anonymat du don de gamètes mais préconise de ne pas légaliser la gestation pour autrui (GPA, mères porteuses) et de ne pas étendre l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux mères célibataires et aux homosexuelles.
Concernant la question des mères porteuses, la philosophe Sylviane Agacinski a pris une position forte dans le débat. Position décryptée par Kléber Ducé le 20 avril. Nous le republions. Qui a dit que la colère était mauvaise conseillère? Voici, né d'un violent mouvement d'humeur, un petit bijou d'une centaine de pages, pédagogique autant que polémique. C'est aussi un précieux outil démocratique fort opportunément disponible au moment où s'ouvrent en France les premiers Etats généraux de bioéthique, ce préalable citoyen à la révision de la loi du même nom. Signé de Silviane Agacinski, cet opuscule vient d'arriver dans les librairies. En prendre connaissance c'est, sous une plume tenue par une femme située à gauche de l'échiquier politique, découvrir la pertinence d'un ample réquisitoire contre cette nouvelle forme de marchandisation du corps humain qu'est, selon l'auteur, la pratique des mères porteuses. Une initiative d'autant plus originale que nombre de voix féministes - émanant officiellement du même univers de gauche - plaident ouvertement et avec virulence en faveur de la dépénalisation de cette pratique. Certains vont même, au nom de la liberté de disposer de son corps et de sa fonction de reproduction, jusqu'à oser un parallèle avec l'interruption volontaire de grossesse. Philosophe, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Sylviane Agacinski greffe son propos sur la dernière initiative d'un groupe de sénateurs français présidé par Michèle André, Alain Milon et Henri de Richemont. L'émotion n'est pas absente de l'ouvrage. «Faut-il le dire j'éprouve un certain dégoût à devoir argumenter pourquoi il est indigne de demander à une femme de mettre son ventre à la disposition d'autrui, écrit-elle dans son avant-propos. Chacun devrait le voir de lui-même, le comprendre du lui-même». Mais, dégoût ou pas, on ne peut manquer d'être frappé par la rigueur de l'argumentation, la puissance du réquisitoire, la hauteur de vue et une forme de courage d'un auteur montant en première ligne dans ce combat des idées. C'est que le propos de Sylviane Agacinski dépasse de beaucoup, et fort heureusement, la seule question des mères porteuses. Il embrasse d'un nouveau regard le développement contemporain des pratiques d'assistance médicale à la procréation. Et l'auteur resitue le tout dans le contexte international, hautement inquiétant, d'une marchandisation de l'humain doublée de l'émiettement des corps. «Obsédés par les crimes anciens, nous sommes incapables de voir ce qui pourtant s'étale sous nos yeux : la barbarie soft, bienveillante, doucereuse des abus biotechnologiques et de l'aliénation du corps humain, après la réduction des animaux au statut de produits fabriqués par l'élevage industriel, écrit l'auteur. Aujourd'hui, à travers sa Constitution et ses lois, le droit français interdit toute atteinte à la dignité de la personne. Il garantit le respect de l'être humain et de son corps, en proscrivant toute marchandisation des organes où de ses produits. Mais demain?» Demain, précisément, pourrait être radicalement différent dès lors que le législateur aurait entrouverte la porte à des contrats définissant les termes d'une location utérine suivie - il est essentiel de le rappeler - d'un accouchement et d'un abandon du nouveau-né. Peut-être faut-il recadrer la problématique et de faire l'économie des oppositions politiques et des polémiques plus ou moins personnalisées. L'une des questions essentielles concernant la révision de la loi de bioéthique est bien celle de savoir si l'on va ou non remettre en cause l'une des dispositions fondatrices du droit français; celle qui veut que depuis qu'elles existent les différentes techniques de l'assistance médicale à la procréation ne peuvent bénéficier qu'à des couples stables composés d'un homme et d'une femme en âge de procréer et souffrant de difficultés à concevoir.
21.1.Evolution sémantique.
Cette clef de voûte juridique est depuis quelques années déjà vivement contestée par ceux qui estiment que le législateur n'a pas à intervenir dans ces sphères de l'intime. De quel droit, demandent-ils, interdire, par exemple, aux femmes célibataires et aux couples homosexuels de bénéficier de ces thérapeutiques? Et c'est bien cette contestation qui a pour effet indirect de soulever, une nouvelle fois, la question de la dépénalisation d'une pratique longtemps dénommée comme étant celle des «mères porteuses» avant de devenir celle de la «gestation pour autrui» (GPA).
Sylviane Agacinski se penche précisément avec acuité sur l'évolution des termes et des expressions. On est ainsi passé des «mères porteuses», aux «mères de substitution», puis à la «maternité de substitution», à la «maternité pour autrui» avant d'atteindre la GPA. En moins de vingt ans, cette évolution sémantique n'a semble-t-il eu d'autre fonction que de gommer progressivement le fait qu'en l'occurrence une femme acceptait d'être enseinte et d'accoucher à la place d'une autre. «Les mots sont ici le symptôme d'un malaise : il y a beaucoup de choses à cacher, écrit Sylviane Agacinski. (...) L'idée d'utiliser un être vivant pour sa capacité «gestationnelle» n'avait d'ailleurs concerné jusqu'ici que les animaux d'élevage.» Ainsi ce serait parce que le «porteuse» de «mère porteuse» renvoyait directement à «couveuse» ou «pondeuse» que l'on en est venu à cette GPA qui n'évoque plus qu'une simple fonction où l'altruisme efface toute dimension financière.
21.2.La France n'est pas isolée dans la prohibition.
Le législateur français autorisera-t-il demain une femme à porter un embryon conçu - pour tout ou partie - avec les cellules sexuelles d'un couple tiers tout en acceptant la programmation d'abandonner l'enfant dans l'heure qui suivra sa naissance? Inquiets de leur propre audace, certains parlementaires favorables à cette disposition envisagent de laisser à la mère une période de trois jours durant laquelle elle pourrait décider de garder «son» enfant... Pour l'heure, la loi française interdit une telle pratique : ceux qui s'entremettraient dans des conventions de GPA encourent des peines d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. Les partisans de la dépénalisation laissent entendre que la position française est en passe de devenir une exception. Faux, leur répond en substance Sylviane Agacinski qui rappelle qu'à l'échelon planétaire l'exception est bel et bien la tolérance encadrée vis à vis d'une telle pratique: au Royaume-Uni, en Grèce, en Belgique en Israël ou dans quelques Etats américains. L'Espagne, l'Italie, l'Allemagne la Suisse ou la Chine ont adopté une prohibition stricte. Il n'en reste pas moins vrai - et cet ouvrage en apporte le témoignage - que dans l'espace démocratique français aucun consensus ne semble pouvoir se dégager sur un sujet qui soulève des menaces aussi lourdes que celles de l'instrumentalisation des corps humains et de leur commercialisation. L'affaire est d'autant plus grave que l'on sait que toute forme de remise en cause du concept d'indisponibilité du corps humain conduit immanquablement à l'émergence de nouvelles formes d'esclavage ; un esclavage d'autant plus pervers qu'il prospère ici dans des espaces démocratiques sous la double bénédiction de la thérapeutique et de la «solidarité féminine».
21.3.Une nouvelle aliénation.
Pour l'heure, les oppositions entre partisans et opposants de la dépénalisation de la GPA sont irréductibles. Dans leur riche ouvrage consacré aux «nouvelles libertés» issues de l'assistance médicale à la procréation, Monique Canto-Sperber et René Frydman en témoignent à leur façon, chacun signant un texte séparé à propos de la GPA. La philosophe et le gynécologue-obstétricien (qui n'a jamais caché ses convictions socialistes) ne peuvent ici se rejoindre. La dissociation entre le désir d'enfant et la gestation est-elle acceptable? Non, répond en substance le chef de service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart, qui expose les raisons de son opposition au concept même de maternité de substitution, cet «abandon volontaire orchestré dès le départ», cette utilisation du corps au profit d'autrui qui ne constitue également rien d'autre, à ses yeux, qu'une «aliénation». Pour Monique Canto-Sperber, ancienne vice-présidente du Comité national d'éthique la gestation pour autrui ne serait qu'une nouvelle dissociation s'inscrivant après celle entre la procréation et la sexualité. A gauche, les voix de Sylviane Agacinski et de René Frydman apparaîtront d'autant plus dissonnantes et criticables qu'elles entrent pleinement en résonance avec les conclusions, sur ce thème, des évêques du groupe de travail sur la bioéthique. Pour Agacinski, la question peut au fond être formulée de manière aussi simple que provocatrice : la femme peut-elle être réduite à son utérus et son utérus gravide à un simple four à pain ? Celles qui connaissent les souffrances et les joies de l'enfantement peuvent-elles, sans danger pour elles et notre espèce, être autorisées à devenir de simples incubatrices ? Il y a 77 ans Aldous Huxley fondait son monstrueux «Brave New World» sur l'instrumentalisation de la gestation humaine via des incubateurs artificiels dont rien ne permet de penser qu'ils ne verront jamais le jour. Sylviane Agacisnki et René Frydman n'y font pas référence. Mais rien n'interdit de penser que l'acceptation de la grossesse pour autrui, c'est à dire de la grossesse devenue étrangère sera l'étape qui nous rapprochera de la grossesse artificielle, c'est à dire devenue inhumaine.
22."Mères porteuses" : esclaves de la gestation.
Alors que s'ouvrent en France les premiers Etats généraux de bioéthique, Sylviane Agacinski publie Corps en miettes, violent réquisitoire contre les mères porteuses. Philosophe, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, la femme de Lionel Jospin monte en première ligne, faisant exploser les clivages droite/gauche mais brisant aussi l'harmonie féministe. On se souvient en effet qu'Elisabeth Roudinesco et Elisabeth Badinter ont signé de leur côté une pétition permettant la légalisation de cette pratique.
22.1.Aliénation du corps humain.
Silviane Agacinski resitue la question des mères porteuses dans le contexte international d'une marchandisation de l'humain doublée de l'émiettement des corps. «Obsédés par les crimes anciens, nous sommes incapables de voir ce qui pourtant s'étale sous nos yeux: la barbarie soft, bienveillante, doucereuse des abus biotechnologiques et de l'aliénation du corps humain, après la réduction des animaux au statut de produits fabriqués par l'élevage industriel.» Ce nouveau type d'esclavage est d'autant plus dangereux qu'il pourrait prospérer sous la double bénédiction de la thérapeutique et de la "solidarité féminine".
22.2.L'utérus comme un four à pain.
Pour Agacinski, la question doit être reformulée ainsi: la femme peut-elle être réduite à son utérus et son utérus à un simple four à pain ? Celles qui connaissent les souffrances et les joies de l'enfantement peuvent-elles, sans danger pour elles et notre espèce, être autorisées à devenir de simples incubatrices? Les glissements sémantiques intéressent aussi beaucoup Sylviane Agacinski. "On est passé des «mères porteuses», aux «mères de substitution», puis à la «maternité de substitution», à la «maternité pour autrui» avant d'atteindre la GPA (ndrl:gestation pour autrui). Les mots sont ici le symptôme d'un malaise (...) L'idée d'utiliser un être vivant pour sa capacité «gestationnelle» n'avait d'ailleurs concerné jusqu'ici que les animaux d'élevage.»
22.3.Utile mais pas légitime.
Et la souffrance des couples qui ne peuvent pas avoir d'enfant? "La question n’est pas "à qui ça peut servir"? Si c’est une pratique inhumaine, ça ne doit servir à personne", estime Sylviane Agacinski. "Si je perdais un œil, j’aurai très très très envie que quelqu’un puisse m’en vendre un, c’est pas pour ça que je trouverai que c’est légitime", conclut la philosophe.
23.Maternité éclatée.
La cour d'Appel de Paris a pris acte de la filiation liant un couple de Français à deux jumelles obtenues d'une mère porteuse aux Etats-Unis. Un pas vers la «gestation pour autrui»? Magnifique histoire d'amour ! Des quotidiens se ré-jouissent à l'unisson du couple qui, avec deux petites filles obtenues d'une mère porteuse américaine, a importé dans l'Hexagone un casse-tête juridique. Les voilà officiellement reconnus comme « parents », eux qui avaient mis la France devant le fait accompli, il y a sept ans. On connaît deux formes de gestation pour autrui, terminologie pro-mue pour sa connotation généreuse. Dans la première, la mère porteuse reçoit un embryon conçu in vitro avec les gamètes des deux membres du couple demandeur. Dans la seconde, elle « fournit » également ses ovocytes, et pas seulement son utérus. L'enfant sera alors biologiquement celui de la mère porteuse. Ces techniques visent à contourner des stérilités féminines totales consécutives, par exemple, à l'absence d'utérus.
La maternité de substitution (troisième dénomination de la même réalité) reste pour le moment interdite en France. Mais le professeur Israël Nisand pense que ces réticences « feront un jour sourire nos petits-en-fants », et Laure Camborieux, présidente de l'association Maia, dont l'objet est d'obtenir la légalisation de cette pratique, évoque une chute des « barrières idéologiques ». On exhume même une déclaration de Françoise Dolto qui aurait comparé le statut de mère porteuse à celui d'une simple nourrice. Des commentateurs habituellement prompts à fustiger le libéralisme anglo-saxon ferment les yeux sur la réalité commerciale de cette pratique. Dans le seul cas dont les rebondissements judiciaires ouvrent épisodiquement le dé-bat hexagonal, pas moins de trois tentatives de fécondation in vitro à 10 000 $ pièce ont été nécessaires pour aboutir à la naissance de deux jumelles, aussitôt confiées au couple français par la Californienne qui avait accepté de leur « louer son utérus ». Sans compter le dédommagement qui lui a été accordé pour ce « travail ». En tête des arguments pour la maternité de substitution figure la liste des pays qui l'ont déjà légalisée : outre certains États américains, on cite Israël, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Grèce, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud. Les promoteurs français affirment que le « tourisme procréatif » rend inopérante l'interdiction française. Seuls les couples les moins fortunés seraient lésés.
Par un habile retournement dialectique les couples français ayant contourné nos lois hors frontière posent les enfants ainsi conçus en victimes, non plus de leurs propres bricolages, mais de la France. Les voilà « cobayes » d'une Justice acharnée à les priver de filiation. Objecte-t-on que le principe des mères porteuses ouvre la porte à des trafics et dérives mercantiles ? C'est un nouveau moyen de plaider pour une loi… les encadrant. Ultime idée, le père désormais officiel des jumelles estime que le recours à une mère porteuse « évite le traumatisme de l'abandon qu'on retrouve dans l'adoption ». Saisissant l'espoir d'une paternité gommant la maternité, GayLib, composante homosexuelle de l'UMP, a salué le récent jugement comme faisant disparaître « un tabou » et a immédiatement souhaité que « la révision des lois bioéthiques en 2009 soit l'occasion (...) de déboucher sur des dispositions concrètes » qui permettraient de répondre aux «besoins des couples hétérosexuels comme homosexuels». L'épisode de Sara demandant à son mari Abraham d'aller vers leur servante Agar afin de leur donner un enfant sert de référence biblique. Mais on sait quel crêpage de chignon s'ensuivit. Celui qui oppose, aujourd'hui, deux couples acheteurs n'a rien à lui envier : la petite Donna est ainsi écartelée entre la Belgique et la Hollande. Son père biologique et sa compagne se sont fait doubler par des surenchérisseurs. La mère porteuse belge a cédé le bébé aux plus offrants.
En plus de la vie des embryons créés et détruits dans les systèmes de fécondation in vitro, la maternité pour autrui pose la question du statut de la femme qui porte ce bébé : marchandisation, réification ? Le malaise est perceptible dès lors que la grossesse devient un « produit de service ». Par ailleurs, doit-on négliger les liens psychologiques qui unissent la mère porteuse à son bébé ? Malgré la légitimité du désir qu'ont des parents de donner vie à un enfant « de leur sang », comment ne pas voir que la maternité éclatée aliène la femme sans respecter l'enfant.
24.Le marché clandestin : meres-porteuses…
La France interdit d'y recourir, mais les couples en mal d'enfant cherchent par tous les moyens à contourner la législation. Certains passent par les pays qui autorisent cette pratique. D'autres trouvent ici même des ventres à louer. Un bébé, mais à quel prix? Rita a 20 ans, la peau mate et des formes épanouies. Avec sa mère, ses trois petits frères et sa fille de 1 an, elle habite une cité de la banlieue parisienne et vivote grâce à l'allocation de parent isolé. En juin, elle a déposé une annonce sur un site Internet: «Je veux être mère porteuse.» Une annonce parfaitement illégale. Un arrêt de la Cour de cassation de 1991, puis les lois de bioéthique de 1994 ont proscrit le recours à une mère porteuse au nom de l' «indisponibilité du corps humain». La France ne plaisante pas avec la procréation médicalement assistée (PMA), étroitement corsetée. «Les pouvoirs publics veulent éviter les trafics d'enfants, explique la juriste Françoise Dekeuwer-Défossez, spécialiste du droit de la famille. Or la gestation pour autrui [GPA] est considérée comme de la vente de bébés.» Pour se soustraire à l'interdit, des couples de Français vont chercher une mère porteuse dans les pays qui les autorisent. D'autres, désespérés de devoir patienter deux à trois ans pour un don d'ovocytes, se rendent là où la rémunération des donneuses est acceptée. Quelques-uns violent carrément la loi en recrutant des mères porteuses en France. Rita est l'une de ces femmes prêtes à louer clandestinement leur ventre. A quel prix? Attablée dans un café du quartier Montparnasse, elle hésite: «A vous de voir. Vous pouvez tout me donner à la fin, si vous préférez.» Elle raconte qu'un couple lui a proposé une misère, 150 euros. «Sur Internet, dit-elle, j'ai vu que c'était entre 15 000 et 20 000 euros.» Elle ajoute qu'elle veut bien porter ce bébé, pas le fabriquer avec ses ovules à elle. «Ce sera votre enfant, pas le mien.»Sarah, elle, propose tout: son utérus et ses ovules. Elle précise qu'elle est VRP, qu'elle a 30 ans et deux enfants à elle. Pourtant, elle aussi vend ses services sur Internet. Et son expérience. En mars dernier, elle a accouché d'un petit garçon, qu'elle avait conçu pour un couple d'homosexuels. «On a loué une chambre d'hôtel et acheté un tube pour recueillir le sperme, ainsi qu'une seringue pour me l'injecter. Ça a marché du premier coup! L'un des pères a reconnu l'enfant, que j'ai, moi, abandonné devant notaire.» Elle se fiche d'être la mère biologique du bambin. «Je ne veux plus en entendre parler.» Coût de sa prestation: 5 000 euros à la première injection de sperme et 10 000 à la naissance. Sarah est décidée à recommencer, toujours par insémination. Pas de fécondation in vitro (FIV) pour elle. «La procédure est lourde, longue, il faut aller en Belgique ou en Angleterre.» Sarah est déjà en pourparlers avec un couple. Mais elle a une copine disposée, elle aussi, à se lancer sur le marché. Ces femmes qui louent leur utérus ont entre 20 et 35 ans. Certaines travaillent. L'une se présente comme assistante vétérinaire. Une autre, comme institutrice. Presque toutes ont déjà des enfants. Elles veulent aider des couples en mal de bébé, affirment-elles. La plupart tirent sans vergogne sur la corde sentimentale. «Je suis là pour permettre à un couple de connaître la joie d'être parents», écrit Corinne, de Pantin (Seine-Saint-Denis). Valérie, de Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), renchérit: «Je voudrais offrir à un couple le bonheur que j'ai moi-même avec mes quatre petits.» Idem pour Sophie, d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et Maryline, du Val-de-Marne. Quelques-unes sont prêtes à fournir leurs ovules. Les autres souhaitent que l'enfant soit conçu par FIV, avec les ovocytes de la maman commanditaire ou d'une donneuse. Rares sont celles qui affichent leurs motivations financières. Marie, elle, ose. A 35 ans, cette mère de cinq enfants de 6 mois à 15 ans annonce la couleur sans ciller: «J'ai besoin d'argent de manière urgente. Mon logement est insalubre et je suis en voie d'expulsion.» Depuis qu'elle a déposé son annonce sur un site à la fin de juillet, elle a reçu plusieurs propositions: «Des couples homos, des femmes ménopausées ou privées d'utérus.» Prix estimé pour son utérus et ses ovules: entre 15 000 et 20 000 euros. Elle précise vite qu'elle n'a pas encore choisi. Qui sait, les enchères continueront peut-être à monter…?
Ces couples disent la «fée», la «marraine» ou la «nounou» pour parler de la femme qui abritera pendant neuf mois le bébé dont ils rêvent. Malgré les fausses couches et les échecs à répétition, les traitements pénibles et l'attente déçue, le désir d'enfant les tenaille. Rien ne les arrête. Ni le triste témoignage d'Aura, qui raconte sur Internet comment la mère porteuse, à la naissance du bébé, lui a dit: «Je ne veux pas vous donner le bébé, il est à moi et vous n'avez aucun droit.» Ni l'histoire de la petite Donna, dont la mère porteuse, belge, avait annoncé le décès in utero aux parents commanditaires, avant de la revendre à sa naissance, au début de l'année, à un couple de Néerlandais. «A force de frustration, on finit par envisager d'aller contre la loi de notre pays, plaide Pascale, qui cherche une mère porteuse, ici ou en Belgique. Depuis t rois ans que je fais des FIV en vain, j'ai l'impression de n'être qu'un numéro dans le centre de PMA qui me suit. Le soutien psychologique est inexistant! Ma mère et ma belle-mère nous ont proposé de porter notre enfant, mais elles sont trop âgées.» Beaucoup ont pensé à l'adoption. Luc, 39 ans, et Véronique, 40 ans, ont obtenu l'agrément nécessaire. Seulement voilà: «Il faut ensuite compter plusieurs années, en France, pour avoir un enfant et, étant donné notre âge, on risque de nous proposer des bambins de 4 ou 5 ans.» Maintenant, ils cherchent une mère porteuse. «Pour aller plus vite. Et avoir un lien biologique avec notre bébé.» C'est un «ange», un «miracle» que ces parents espèrent. En attendant, ils clament leur «détresse» et leur «désespoir» sur les forums Internet. Ils ne sont pas les seuls. «Il y a une concurrence sévère des couples homosexuels, très demandeurs», constate Luc. Comme Fred et Georges, trentenaires, en couple depuis huit ans. «Il ne manque qu'un enfant à notre bonheur», disent-ils. Quelques hommes seuls, aussi, revendiquent leur besoin impérieux d'enfant. «C'est vital pour moi», tranche Franck, à la recherche d'une mère porteuse. Tout à leur désir de bébé, jamais ces hommes et ces femmes n'évoquent l'intérêt de l'enfant à venir. Comment vivra-t-il son histoire? Comment assumera-t-il sa filiation? Silence. Pour ne pas violer la loi, quelques centaines de Français et de Françaises partent tous les ans sous des cieux à la législation plus clémente. Au Canada et aux Etats-Unis, le plus souvent. Ils n'ont que l'embarras du choix: l'Afrique du Sud, Israël, la Russie, l'Ukraine, la Géorgie, notamment, autorisent la GPA. Alice, 40 ans, vient de s'inscrire dans une agence de l'Ontario (Canada), pour trouver une mère porteuse. «Financièrement, c'est très lourd. Voilà dix ans que j'économise pour ça. Et deux questions me taraudent: est-ce la bonne solution? Quel genre de femme peut accepter de porter un enfant pour une autre?» Catherine, 37 ans, s'est longuement interrogée, elle aussi: «Ai-je le droit de demander à quelqu'un de faire cela pour moi?» Le désir d'un deuxième enfant a été le plus fort. Elle a d'abord cherché son bonheur dans la clandestinité française, mais elle a renoncé. «Faute d'encadrement juridique et psychologique, c'est de l'inconscience, même si c'est moins cher.» Elle a tenté sa chance à Bruxelles. Mais la mère porteuse pressentie l'a lâchée en cours de route. Elle est allée au Royaume-Uni, où deux associations à but non lucratif, Cots et Surrogacy UK, mettent en relation parents et mères porteuses. «Avec mon mari, nous avons déposé un dossier. Hélas! la demande est forte, et c'est la mère gestationnelle qui choisit.» En désespoir de cause, Catherine a mis des annonces sur les sites américains. Elle n'oubliera jamais le 14 janvier 2003, date à laquelle elle a reçu le premier message de sa future mère porteuse. Un an et six jours plus tard, les jumeaux sont nés au Texas. «A l'hôpital, c'est moi que les médecins et les infirmières félicitaient, se souvient-elle. Ils étaient sidérés que ce soit interdit en France, que j'aie fait tout ce chemin pour avoir mes bébés.» Maëlle, 30 ans, et Etienne, son compagnon, ont passé trois ans à se renseigner sur les destinations et les prix, à éplucher et comparer les textes de loi. Ils sont allés au Canada, en voyage exploratoire. «Depuis l'entrée en vigueur, l'an dernier, d'une nouvelle législation, il n'est plus possible de rétribuer les mères porteuses», explique la jeune femme. Elle a donc opté pour les Etats-Unis, où 18 Etats autorisent la GPA et où l'enfant peut être très officiellement reconnu, dès le quatrième mois de grossesse, par ses futurs parents. Maëlle, qui revient du Maine, saura dans quinze jours si ses deux embryons - «de très bonne qualité, d'après le médecin» - ont fait leur nid dans le ventre de Marsha, 40 ans, infirmière, sa mère porteuse. «J'ai assisté à l'implantation, raconte Maëlle avec émotion. C'est bizarre de voir sur l'écran l'utérus de sa nounou et ses embryons à soi…» Avec Marsha, rencontrée sur un site Internet, Maëlle et son compagnon ont signé, par avocats interposés, un contrat de 20 pages qui prévoit toutes les éventualités et fixe les moindres détails. Par exemple, la mère porteuse s'engage à ne pas boire ni fumer. Montant de la facture: 60 000 dollars, dont 18 000 pour Marsha - 23 000 si elle met au monde des jumeaux.
25.Des menaces de garder l'enfant.

Mais le mieux ficelé des contrats ne met pas toujours à l'abri des déconvenues. En 2002, Françoise, 49 ans, avait trouvé, dans le Massachusetts, une mère porteuse qui acceptait de se faire inséminer le sperme de son mari - «La solution la plus simple», pensait-elle. Une célibataire, mère de deux enfants, qui avait besoin d'argent. Son site s'appelait Womb-for-rent - «Utérus à louer» … «Elle nous a demandé un prix exorbitant, 30 000 dollars.» Puis elle a menacé de garder l'enfant. «A présent, s'agace Françoise, elle voudrait que je dise à mon fils qu'il a deux mamans, que je l'envoie en vacances chez elle.» Certaines histoires cumulent allègrement les transgressions du droit français. Luc de Liance, 42 ans, antiquaire à Paris, reconnaît que, sans deux femmes prêtes à lui fournir utérus et ovules, il ne tiendrait pas aujourd'hui Tancrède, 16 mois, dans ses bras. «J'ai vécu dix années d'espoir au cours desquelles mon fils a grandi en moi», dit-il. L'homme avec lequel il partageait sa vie ne voulait pas d'enfant. Quand ils se sont séparés, Luc a foncé à San Diego (Californie), où de nombreuses agences de donneuses d'ovocytes et de mères porteuses ont pignon sur rue. Tancrède est venu au monde en mai 2004, à 6 mois et demi de gestation. Luc ne regrette pas les deux mois d'angoisse passés dans le service de néonatologie du Naval Medical Center, les nuits blanches et les 150 000 euros engloutis. «Mon fils est l'enfant du désir, de la volonté et de la science.» Hélène pourrait en dire autant. Elle a 52 ans; son mari, Jean, 55. Leur fille unique, adoptée à 5 mois, a quitté la maison il y a presque quatre ans. Elle avait 14 ans. Ils ne l'ont jamais revue. «Elle nous a abandonnés», glissent-ils. Depuis avril dernier, ils sont les parents d'un petit garçon, né dans le Manitoba (Canada). «J'ai dit à mes voisins que j'allais là-bas chercher un bébé qui était le fils de mon mari, raconte Hélène. Ils ont compris.» Seule ombre à son bonheur: «Officiellement, François est le fils de mon mari, pas le mien. J'aimerais bien être sa vraie maman devant la loi. Je m'inquiète: que se passerait-il s'il arrivait quelque chose à son père?» Une angoisse partagée par tous les pères et mères qui n'ont pas le droit de faire inscrire leurs enfants dans leur livret de famille. «En cas de GPA dans un pays où la pratique est légale, les parents ne risquent pas de poursuites au retour, précise la juriste Françoise Dekeuwer-Défossez. Mais ils ne peuvent pas régulariser la situation de leur progéniture auprès de l'état civil en France.» La plupart des couples se contentent d'un passeport américain ou canadien au nom de leur bébé et font le gros dos. Car le Service central d'état civil, installé à Nantes, compétent pour les Français vivant hors de l'Hexagone, est à l'affût. Dans le collimateur: les demandes de transcription des certificats de naissance de bébés nés à l'étranger de couples français qui n'y résident pas. «Il y a un acharnement idéologique à ne pas reconnaître ces naissances», regrette Laure Camborieux, présidente de l'association Maia, qui milite pour une légalisation étroitement encadrée de la GPA. En France, la mère est celle qui accouche. Qu'elle soit ou non la génitrice. «Les procureurs ont pour instruction de faire la chasse aux cas de mères porteuses», observe Françoise Dekeuwer-Défossez. Les mésaventures judiciaires de Clara et Vincent ont de quoi doucher les plus déterminés. Parents de jumelles nées en Californie d'une mère porteuse voilà cinq ans, ils ont commis l'imprudence de demander l'inscription de leurs filles sur leurs passeports au consulat de Los Angeles. Mal leur en a pris. Dénoncés aux autorités françaises, ils ont été mis en examen par le parquet de Créteil pour «entremise pour des faits de gestation pour le compte d'autrui» et «simulation ayant entraîné une atteinte à l'état civil». Le 30 septembre 2004, un non-lieu a été prononcé. Les juges doivent encore se prononcer, au civil, sur la reconnaissance de la filiation. «Mes filles nous demandent parfois si on est bien une famille», soupire Clara. En France, la réponse ne va pas de soi. Certains ne cherchent pas de mères porteuses, simplement des gamètes. Mais les dons, anonymes et gratuits, sont étroitement encadrés en France. Afin d'éviter de devoir attendre deux ou trois ans des ovocytes, des centaines de couples partent dans des pays comme l'Espagne, où les donneuses, rémunérées, sont plus nombreuses. Le don de sperme à des femmes célibataires et à des homosexuelles en couple est interdit. Du coup, certaines se replient sur Internet. Beaucoup de donneurs, tel Stéphane, 34 ans, ingénieur commercial à Nantes, ne demandent que le remboursement de leurs frais de déplacement. Jordan, 21 ans, lui, est plus gourmand: il veut 400 euros en échange de ses spermatozoïdes.
26.2009, année bioéthique.

Faut-il légaliser les mères porteuses, lever l'anonymat des donneurs de spermatozoïdes et d'ovocytes, autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires? Autant de sujets à débattre avant la révision de la loi. Et de polémiques en vue. Doit-on permettre aux couples homosexuels de faire des bébés-éprouvette? Autoriser des femmes à prêter leur utérus à d'autres? Révéler aux enfants nés des gamètes d'un inconnu le nom du donneur? Rémunérer les dons d'ovocytes? Ces questions et bien d'autres, toujours complexes, parfois douloureuses, seront au coeur de la révision de la loi de bioéthique, adoptée en août 2004, dont le chantier s'ouvre en ce début d'année 2009. L'organisation des états généraux de la bioéthique a été confiée, à la fin de novembre, à un comité de pilotage placé sous l'autorité de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Il compte six membres: Jean Leonetti, député (UMP) et président de cette instance, Sadek Beloucif, médecin hospitalier, Alain Claeys, député (PS), Marie-Thérèse Hermange, sénatrice (UMP),Claudine Esper, professeur de droit de la santé, et Suzanne Rameix, spécialiste de l'éthique médicale. De quoi s'agit-il? La France s'est dotée de ses premières lois de bioéthique en 1994. Objectif: donner un encadrement législatif aux innovations médicales qui impliquent une manipulation du vivant, des expérimentations sur l'homme à la procréation assistée, avec le souci de trouver un "point d'équilibre entre la protection des droits fondamentaux de la personne et la non-entrave aux progrès de la recherche". Cette législation a posé une série de principes, érigés en alpha et oméga de la bioéthique à la française: respect de la dignité de l'individu, indisponibilité du corps humain - qui interdit la location ou la vente de tout ou partie de celui-ci -anonymat et gratuité du don. Ces textes ont été révisés une décennie plus tard. La loi adoptée en 2004 a interdit le clonage, reproductif ou thérapeutique, ainsi que la recherche sur les cellules souches embryonnaires, à l'exception d'expérimentations "susceptibles de permettre des progrès thérapeutiques". Elle a également ouvert le cercle des personnes pouvant effectuer un don d'organe à l'ensemble des membres de la famille et à celui ou celle qui partage la vie du receveur depuis plus de deux ans. Cette législation doit, à son tour, faire l'objet d'une révision pour tenir compte des progrès scientifiques et médicaux et de l'évolution de la société. Quels sujets seront abordés? "Je ne vois pas comment il sera possible de répondre à toutes les questions qui se posent en l'espace d'un an, à moins de se contenter de les survoler", s'inquiète le Pr Claude Sureau, ancien président de l'Académie de médecine et membre du Conseil consultatif national d'éthique (CCNE). Au fil des avancées scientifiques, les interrogations liées à la bioéthique se multiplient. Ainsi, le CCNE et l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPCST) suggèrent d'aborder deux domaines inédits: les neurosciences et les nanotechnologies. Avant de se pencher sur ces nouveaux thèmes, il faudra décider si, oui ou non, la France doit autoriser la recherche sur les cellules souches embryonnaires, comme les scientifiques le réclament (à lire, notre dossier "Corps à vendre en pièces détachées"). Il faudra aussi redéfinir les conditions de recours au diagnostic préimplantatoire des embryons et aux tests génétiques. Elargir ou non le champ des donneurs potentiels d'organes. Revoir l'accès à la procréation médicalement assistée: de quelle durée de vie commune le couple doit-il justifier? Doit-on permettre aux femmes célibataires et aux homosexuels d'y accéder? Peut-on implanter des embryons après le décès du père? Il faudra également trancher le débat entre partisans de l'anonymat des dons de gamètes, spermatozoïdes ou ovocytes, et tenants de la vérité des origines. Dire si le don d'ovocytes mérite un défraiement à la mesure du risque encouru et des contraintes subies par la femme, quitte à tordre le principe de la gratuité. Il faudra enfin se prononcer pour ou contre la légalisation des mères porteuses. Sur ces sujets, la législation ressemble de plus en plus à un tigre de papier. En effet, des couples en mal d'enfant contournent chaque année l'interdit et vont chercher sous des cieux plus cléments ce qu'on leur refuse en France -ovocytes en vente en Espagne ou en Grèce, mères porteuses légales dans de nombreux Etats américains et canadiens, fécondation in vitro ouverte aux couples gays en Belgique. "Pouvons-nous nous en tenir à une législation interne rigide dans un contexte très libéral?" s'est interrogé Frédérique Dreifuss-Netter, professeur de droit et membre du CCNE, lors d'une audition de l'Office parlementaire. Quelle est la méthode de travail retenue? Rapports et avis consacrés à la bioéthique s'accumulent. Le CCNE, l'Agence de biomédecine et l'OPCST ont déjà rendu leurs copies. Le Conseil d'Etat devrait en faire autant d'ici peu. L'Académie de médecine livrera ce mois-ci sa position sur la gestation pour autrui. Au Sénat, un groupe de travail s'est prononcé dès juin 2008 pour une légalisation très encadrée des mères porteuses. Quant à la mission d'information parlementaire pour la révision de la loi de bioéthique, elle remettra ses conclusions au second semestre. Mais le débat ne se cantonnera pas aux cénacles des experts. "Nicolas Sarkozy souhaite que les Français s'emparent de ces thèmes", souligne le député (UMP) Jean Leonetti, nommé à la tête du comité de pilotage chargé de l'organisation des états généraux de la bioéthique. Piste esquissée: la tenue de trois forums thématiques avec des panels de citoyens et d'une quinzaine de rencontres, dans le cadre des espaces régionaux d'éthique. En prime, un site Internet d'information sera ouvert en février. Gare à la cacophonie, avertit le député (PS) Alain Claeys, président de la mission parlementaire et membre du comité de pilotage: "Il faut éviter le télescopage entre les travaux des uns et des autres", estime-t-il. Sinon, le chantier de la bioéthique pourrait bien se transformer en usine à gaz. Les évêques français ont la ferme intention de faire entendre leur voix dans les discussions sur la révision de la loi de bioéthique. Et ils s'y préparentd'arrache-pied. La réflexion engagée voilà plus d'un an par la Conférence des évêques de France a débouché sur un document de travail qui doit leur permettre d'interpeller les élus et de mettre en avant leur argumentation. De plus, dans chaque diocèse, des "personnes relais" formées aux questions de bioéthique seront disponibles pour intervenir dans les débats.
L'Eglise souhaite en effet renouer le dialogue avec l'opinion publique, sans renier les principes auxquels elle est attachée. "La dignité de la personne doit être reconnue à tout être humain depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle", a rappelé l'instruction Dignitas personae, publiée parle Vatican en décembre. Pas question, donc, d'accepter la recherche sur les cellules souches embryonnaires, ni la légalisation des mères porteuses.
27.Baby-business Faut-il accoucher pour être mère?
Nous sommes entrés dans l’âge du «baby-business», un commerce mondial et florissant. En Europe de l’Est, on trouve des femmes qui vendent leurs ovocytes aux alentours de 1300 dollars la pièce. Les Russes ou les Ukrainiennes qui se rendent à Chypre pour y monnayer les leurs ne peuvent guère espérer plus de 500 dollars, mais on leur fait miroiter en prime un séjour au bord de la mer. La bonne affaire, c’est plutôt les Etats-Unis où le «don» d’ovocyte peut rapporter entre 5000 et 8000 dollars. A condition toutefois de présenter le bon profil ethnique: la clientèle majoritairement blanche est tatillonne sur la marchandise. Le marché de la procréation réclamant aussi des ventres, une femme peut devenir mère porteuse – pratiquer la «gestation pour autrui» comme il est recommandé de dire aujourd’hui. Dans certains Etats américains (la Californie par exemple), cela se négocie entre 50000 et 75000 dollars. Les clients, eux, paieront le double pour la location de l’utérus pendant neuf mois. Mais ils peuvent trouver moins cher à Kiev (40000 dollars) ou en Inde (5000 dollars): la mère porteuse indienne est sans doute la moins chère au monde. Faut-il préciser que la maternité pour autrui est d’abord un «job» de pauvres? En surfant sur les sites américains ou ukrainiens qui promeuvent la grossesse délocalisée, en voyant leurs images de mamans heureuses d’avoir surmonté la «tragédie de la stérilité», en se laissant embrumer le cerveau par leur idéologie caritative, on serait tenté d’oublier la misère humaine qui conduit tant de femmes à devenir mères porteuses.
Alors, que faire? Continuer à interdire la maternité de substitution comme c’est le cas dans la plupart des pays européens et notamment en Suisse (lire encadré)? En France, un groupe de travail du Sénat propose de faire évoluer la loi. Il s’agirait d’autoriser la «gestation pour autrui», mais en prenant soin de «l’encadrer strictement»: puisqu’elle est possible ailleurs et encourage un tourisme de la procréation, avancent les partisans d’un virage légal, il conviendrait que le droit s’adapte aux réalités nouvelles.
Voilà le genre d’argument qui exaspère Sylviane Agacinski: «Mais pourquoi la France devrait-elle s’aligner sur des exemples indignes, qui sont en fait rares en Europe? La seule question qui vaille est de savoir s’il est conforme à notre conception de l’être humain d’utiliser des femmes comme couveuses d’embryons.» C’est ce que la philosophe française, poursuivant une longue réflexion sur les rapports entre les sexes, écrit dans les premières pages de son nouvel essai. Le ton est vif, l’argumentation serrée, la force de conviction déployée à chaque ligne: Corps en miettes est un livre de combat dont le lecteur ne sort pas indemne. La maternité de substitution est au cœur de ce nouvel essai, qui ne s’y réduit cependant pas. Corps en miettes est aussi une invitation à reformuler quelques questions fondamentales. Qu’est-ce qu’être mère?
Que se passe-t-il lorsqu’on cesse de faire des enfants pour les fabriquer? Peut-on résister à la puissance des biotechniques et à leurs chants de sirènes susurrant à nos oreilles que tout est désormais possible? Sylviane Agacinsky n’est pas indifférente à la souffrance des couples infertiles. Mais elle refuse de considérer que leur désir puisse être une fin justifiant tous les moyens. Déplaçons le regard, dit-elle: voyons aussi, dans l’ombre, le sort des femmes transformés en «outils vivants» pour satisfaire de tels désirs. Sur le marché de la procréation, on fait comme si la mère porteuse n’était qu’une prestataire de services, au même titre que la coiffeuse ou la manucure. C’est banaliser dangereusement la réalité de la grossesse, rétorque Sylviane Agacinski: une mère porteuse ne vend pas du temps de travail; elle engage la totalité de son existence au service d’autrui, ce qui implique «une formidable dépossession de soi» contraire à la dignité de la personne. On ne saurait donc réduire la maternité de substitution à la simple fonction d’accueillir l’embryon. Comme si la mère porteuse n’était qu’un ventre, un sac, un «simple entrepôt où stocker l’enfant conçu par d’autres qui en attendront la livraison». Pourquoi occulter à ce point le rôle joué par son corps?
Un individu ne résulte pas seulement de son patrimoine génétique, rappelle Sylviane Agacinski. Avec la gestation, la femme porteuse assure aussi la formation de l’enfant: «C’est son corps qui en réalise la production charnelle sans laquelle l’embryon n’est qu’un amas de cellules, et qui permet sa naissance. C’est pourquoi on dit avec raison que c’est l’accouchement qui fait la mère.» De profondes divergences traversent la pensée féministe sur ces questions. Pour Elisabeth Badinter, une femme peut très bien porter un enfant sans «tricoter» de relation affective avec lui. Sylviane Agacinski, à l’inverse, ne veut pas négliger l’éventualité que de tels liens se nouent. Il arrive d’ailleurs que des femmes décident au bout du compte de déchirer le contrat et de conserver l’enfant destiné à d’autres. En pareils cas, que va dire le droit si on légalise la maternité pour autrui? En Angleterre, où elle est autorisée sous conditions, la loi prévoit une espèce de droit au remords. Dans le même sens, des sénateurs français ont envisagé la possibilité que la mère porteuse puisse garder l’enfant. Selon l’auteure de Corps en miettes, c’est le signe de la profonde hypocrisie qui règne derrière tout cela: «Aurait-on jamais songé à cette “clause de conscience”, à ce droit au repentir, si l’on ne savait pas, au fond, faire violence à des sentiments humains, profonds et légitimes?» Une vérité déplaisante serait ainsi dissimulée: pour Sylviane Agacinski, légaliser la maternité pour autrui reviendrait à «instituer un abandon». Ce qui est en jeu avec les mères porteuses dépasse donc de loin la seule liberté individuelle des parties contractantes. Dense et soutenue, appuyée sur Locke, Kant ou Heidegger, la réflexion de Sylviane Agacinski met en garde contre la tentation de s’abandonner benoîtement aux techniques sans les penser. On voit alors se profiler une «barbarie soft» dont la Californie donne déjà un avant-goût avec ses banques et cliniques spécialisées «où toutes les miettes biologiques nécessaires à la fabrication d’embryons sont disponibles». Avec le concours des mères porteuses, elle permettent «la confection d’un enfant, livrable à ses commanditaires pour un prix forfaitaire, pièces et main-d’œuvre comprises».
28.Substitution.
Imaginez l'infertilité. Imaginez ne pas être en mesure d'avoir votre propre enfant. Espérant mois après mois, des dizaines et des dizaines de tests de grossesse, des centaines de dollars gaspillés. Et tout cela désespérant. Il ya de fortes chances que si vous lisez ceci, vous ne sont que trop familiers avec la situation. Une option est aujourd'hui une maternité de substitution. Un avantage principal de substitution est que l'enfant est habituellement lié à l'un des destiné Parents. Mais il ya une quantité disproportionnée cas d'échec de ce type de substitution. Certains des problèmes éthiques entourant mères comprennent les droits de la mère naturelle - elle devrait être en mesure de changer d'avis à la dernière minute, en gardant le bébé? Qui est l'arbitre de ce qui est la femme? Vrai? Mère d'un enfant de substitution? Pouvons-nous définir la maternité de la femme qui a donné naissance à l'enfant? Ou la femme qui élève l'enfant, le façonnage et le moulage du caractère de l'enfant en un individu bien équilibré? Celles-ci sont difficiles questions éthiques et morales et que vous devez affronter, si vous envisagez de substitution. Substitution est généralement défini comme une femme qui accepte volontairement, normalement contre rémunération, à porter un enfant pour une Couple infertile. Mais il existe deux types de substitution, en premier, la femme est artificiellement inséminées avec le sperme du père destinée, ou donneur de sperme. Les substituts propres oeufs sont utilisés, et, par conséquent, il s'ensuit qu'elle sera la mère génétique ou biologique résultant de l'en Le second type de substitution est par substitution gestationnelle qui mérite un article à lui seul. Pour le moment, nous allons traiter avec le premier type de substitution, qui est de loin le plus facile, physiquement, les deux de réaliser avec succès. Hôte de substitution peut être une bouée de sauvetage pour les couples stériles qui sont déterminés à Ont leur propre bébé. Mais il peut être complexe, lourde de conséquences éthiques, sociales et de problèmes émotionnels. Ce type de substitution est sans doute le plus difficile pour les non- mère biologique pour accepter mentalement, techniquement, son mari sera la production d'un enfant avec une autre femme. Il peut être tout aussi difficile pour la mère biologique de renoncer à l'enfant, ce qui, après tout, est génétiquement moitié le sien. Une autre considération est la légalité de tout contrat. Il est fortement recommandé qu'un contrat soit conclu entre les parties, même si vous êtes sur des termes les plus amicaux. Des mères est légal au Royaume-Uni et les frais raisonnables peuvent être payés à la Surrogate Mère. Naturellement, cela varie selon les besoins des personnes. Ne pas oublier cependant que des dispositions ne sont pas juridiquement exécutoires. De plus, vous devez réaliser qu'il est illégal de faire de la publicité pour un Surrogate au Royaume-Uni, et cela inclut sur le World Wide Web. Si vous êtes malchanceux suffit pas d'avoir un ami de confiance ou membre de la famille qui est disposé à procéder à votre enfant pour vous, la meilleure option est de s'affilier à une organisation (qui peut être consultée en ligne), où vous trouverez Surrogate mères, et l'intention des parents, Qui cherchons tous le droit match. Si ceci est votre parcours choisi d'avoir un enfant, de faire preuve de prudence. La route est longue, sinueuse avec de nombreux tour. Tout vérifier, puis vérifier de nouveau. L'Internet est une ressource fantastique pour la plupart des choses, et il existe de nombreux sites Web que vous pourrez explorer à votre quête de l'idéal Surrogate. Faites vos devoirs, et puis faire le grand saut. L'argent que vous économiserez à des tests de grossesse au fil des ans va probablement payer pour tous vos frais de substitution.



